Athée militant depuis vingt ans et libertin depuis cinq, je commence à me demander si ma cohérence philosophique tient vraiment debout
Je vais essayer de poser ça clairement même si je tourne autour depuis des mois. J'ai 44 ans, je suis ingénieur informatique dans une grande ville du Sud-Ouest, et je me définis comme athée militant depuis ma deuxième année de fac. Pas juste sans religion, vraiment militant, j'ai été à la Libre Pensée à une époque, je lis Onfray, je trouve les arguments de Dennett solides, j'ai eu des engueulades familiales mémorables avec ma mère qui est cathouf pratiquante. Avec ma compagne on est libertins depuis cinq ans, on a commencé prudemment et maintenant on est dans un cercle stable de quatre ou cinq couples qu'on voit régulièrement. Tout se passe très bien à ce niveau-là. Mais voilà ce qui me travaille. Quand je discute avec d'autres libertins, je tombe régulièrement sur des gens très spirituels, des bouddhistes, des tantriques, des néo-chamanes même, et ils ont souvent des choses très précises et très articulées à dire sur ce qu'ils vivent dans leur sexualité partagée. Ils parlent d'énergie, de circulation, de rencontre subtile. Moi quand je leur réponds avec ma vision matérialiste, neurotransmetteurs, ocytocine, conditionnement social, je trouve mon discours sec en fait. Pas faux, juste sec. Et surtout je me rends compte que ce que je vis vraiment dans certaines soirées dépasse largement ce que je sais expliquer avec mes outils habituels. Y a des moments où je sens des choses entre les personnes présentes que je saurais pas réduire à des hormones. Question pour les athées convaincus du forum, vous avez vécu ça, ce décalage entre votre cadre théorique et votre expérience vécue. Et vous, vous avez tenu votre matérialisme jusqu'au bout ou vous avez glissé quelque part.