Dimanche 11h messe à Sainte-Anne de Brest, l'après-midi dans un club à Quimper — comment vous tenez les deux
Brest, dimanche matin 11h, paroisse Sainte-Anne, ma femme assise à côté de moi, le diacre qui lit la lettre aux Romains, l'odeur d'encens froid de la veille, et moi qui sait que dans cinq heures on prend la voiture pour Quimper et un club qu'on aime bien depuis deux ans. Voilà ma vie depuis trois ans. Couple 47 et 49 ans Finistère. Cathos pratiquants depuis l'enfance tous les deux, mariage à l'église en 2003, trois enfants baptisés communiés deux confirmés. Messe dominicale quasi hebdomadaire. Engagement paroissial moyen, lui sert parfois lecteur, moi sur la liste équipe deuil pour les obsèques. Et libertins, vrais libertins club et couples, depuis trois ans. Bref. Truc qui devrait pas tenir et qui pourtant tient. J'écris ça parce qu'on a un copain de paroisse qui a commencé à se douter de quelque chose, blagues lourdes en sortie de messe sur "ah on vous voit pas beaucoup le samedi soir". Rien de méchant. Mais ça pique. La question profonde c'est pas la discrétion sociale, ça on gère. La question profonde c'est nous. Comment on est devenus deux personnes qui peuvent communier le dimanche matin et se retrouver à quatre dans un sauna l'après-midi sans que ça nous casse en deux. C'est pas un montage, c'est intégré. Je sais pas si c'est mature ou si c'est de la dissociation pathologique. Quelqu'un a un cadre théologique honnête là-dessus ? Pas du jugement, pas du "vous êtes pas vraiment cathos", j'ai entendu. Mais un vrai regard. Et accessoirement, vous trouvez ça sain ou inquiétant à long terme ?