Elle a dit oui mais elle était cuite et je le savais et j'ai laissé faire
Je sais pas comment commencer ça. Une heure que je tape et que j'efface. Bon. Voilà. Samedi soir au club, on rencontre un couple, l'alcool coule, beaucoup, vraiment beaucoup, et au bout d'un moment la femme du couple commence à insister auprès de la mienne pour qu'on monte tous les quatre. Ma femme rigole, dit oui, dit non, redit oui, dit "allez go", se lève en titubant. Elle a 38 ans, je la connais depuis 15 ans, je sais à quoi elle ressemble quand elle est cuite et quand elle est juste joyeuse. Là elle était cuite. Et moi j'ai pas dit stop. J'ai pas dit "elle est trop bourrée, on remonte pas maintenant", j'ai dit rien, et on est montés. On a fait. C'était pas violent, c'était même plutôt doux, mais c'était pas le oui qu'elle aurait donné à jeun. Le lendemain elle se rappelle de pas grand chose. Elle me dit "c'était cool nan" avec un sourire vague. Et là je suis pas bien. Je suis pas bien depuis trois jours. Parce que la règle qu'on s'était donnée — on joue pas si l'un est cuit — j'ai laissé passer. Parce qu'elle, sans le savoir, elle a peut-être pas pleinement consenti. Et parce que je me demande si je dois lui en parler maintenant ou pas, parce que lui dire c'est ouvrir une plaie qu'elle a pas et que peut-être elle aurait jamais eue. Je tourne en rond, café froid devant moi. Vous avez vécu ça. Vous lui auriez dit.