Je me dis que vingt personnes c'est le seuil où l'anonymat devient possible alors qu'à douze on connaît encore tout le monde et c'est ça qui me fait peur
Je tourne ça dans ma tête depuis trois semaines. On a fait nos premières soirées à six puis huit puis douze, et à chaque fois c'est la même chose, plus on monte plus c'est intense mais plus c'est aussi exposé. À douze on connaît tout le monde par son prénom, on a discuté avec chacun en début de soirée, et au moment du truc on a en tête les visages, les couples, les histoires. Quand je croise un des invités trois mois après dans la rue à Paris ça me fait quelque chose. Je me demande si à vingt ou plus ça change. Le calcul que je me fais c'est qu'à vingt personnes tu ne peux pas tous les connaître, tu en croises certains que tu ne reverras jamais, tu ne sais même pas leur prénom, et au moment du truc c'est plus diffus, plus collectif, plus anonyme. C'est peut-être ça que cherchent ceux qui font des soirées vraiment grandes, le confort de l'anonymat dans la masse. Mais en même temps j'ai un peu peur. À douze on contrôle, on sélectionne, on sait qui est là. À vingt et plus on délègue à un organisateur, on ne maîtrise plus la sélection, on découvre les gens sur place. Et puis la logistique sanitaire à vingt c'est plus la même affaire. J'ai 39 ans, mon mari 42, on s'est jamais aventurés au-delà du douze. La question c'est est-ce que monter à vingt c'est franchir un seuil qualitatif qui change vraiment l'expérience, ou est-ce que c'est juste douze en pire avec plus de bordel. Vos avis si vous avez fait les deux.