Je suis commerciale grands comptes, j'ai croisé mon plus gros client B2B dans une soirée privée à Lyon — il signe pour 800 000 euros par an
Bon. Je tourne en rond depuis lundi. Je vais juste poser le problème. Soirée privée samedi à Lyon, douze couples, ambiance posée. J'arrive avec mon mari. Le couple qui ouvre la porte. C'est mon client. Le directeur achats du groupe qui représente 800 000 euros de chiffre d'affaires annuel pour ma boîte, et 35% de ma rémunération variable à moi personnellement. Je le vois deux à trois fois par mois en rendez-vous depuis quatre ans. Femme 42 ans, je bosse dans la prestation industrielle B2B, basée à Lyon. Mon mari 45 architecte. Libertins depuis sept ans. Il blêmit. Sa femme ne sait pas qui je suis. La mienne ne sait pas qui ils sont. Il me regarde droit dans les yeux et il dit "entrez". Trois heures de soirée surréaliste. On s'est évités toute la soirée, on est restés chacun à un bout de l'appartement, on ne s'est même pas dit au revoir. Mon mari a senti que quelque chose clochait je lui ai dit dans la voiture. Lundi matin. Rendez-vous mensuel à son bureau. On s'est serré la main, on a fait la réunion, aucune allusion. Il a signé le bon de commande trimestriel. Mardi mercredi pareil au téléphone pour le suivi technique, ton parfaitement professionnel. Je flippe quand même. Si demain ça se sait dans la boîte parce qu'une autre personne nous a vus tous les deux, je perds le compte et probablement le job. Et lui pareil côté siège. Question. Je laisse couler totalement, je provoque une conversation discrète pour qu'on pose un pacte, je propose de passer le compte à un collègue.