Je voulais juste raconter notre Saint-Sylvestre dans un club parce que je crois que j'ai compris quelque chose
Voilà, je voulais raconter quelque part. 31 décembre 2024, on a réservé pour la première fois une Saint-Sylvestre en club, à Paris, et j'ai eu une sensation que je n'avais pas attendue. Je m'attendais à un truc festif, exubérant, le grand délire collectif, et on a eu autre chose, qui m'a en fait plus marquée que tout ce que je connaissais. J'ai 39 ans, mon compagnon 47, on est ensemble depuis quatre ans, dans la scène depuis deux ans et demi. On avait toujours fait nos réveillons en famille jusque-là, et cette année on a tranché, on s'offrait quelque chose de complètement à nous. On a pris une chambre d'hôtel près du club, on est arrivés à 21h habillés pour le Nouvel An plus que pour un club, smoking pour lui, robe longue pour moi, et c'est ça qui a posé le ton. Ce que je n'avais pas anticipé, c'est l'émotion collective au passage de minuit. Tout le monde s'est arrêté de faire ce qu'il faisait, on s'est tous retrouvés dans la grande salle, les couples qui étaient en train de baiser dix minutes avant étaient là habillés ou pas, debout, à compter les dernières secondes. Et au moment où ça a basculé en 2025 il y a eu une espèce de silence avant les bouchons, et là j'ai vu trois femmes pleurer, pas de tristesse, juste d'émotion, et j'ai pleuré aussi. Mon compagnon m'a embrassée comme il ne m'avait jamais embrassée. Je n'avais pas compris avant ce soir-là qu'un club libertin pouvait être un lieu profondément émotionnel, presque solennel. Je l'avais classé dans le ludique, le festif, l'adulte un peu transgressif. Et là j'ai vu un autre visage du lieu. La question, est-ce que vous avez vécu des Saint-Sylvestre comme ça en club, et est-ce que vous trouvez que ces dates très chargées symboliquement changent vraiment l'ambiance par rapport aux samedis lambda. Et est-ce que vous le referiez chaque année ou est-ce que ça doit rester un truc rare.