La Mutinerie, jeudi soir, on me demande mes pronoms — je suis non-bi mais en soirée libertine je sais plus quoi dire
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La Mutinerie un jeudi soir d'avril, 23h, je suis au bar avec une personne que je viens de rencontrer. Conversation cool, on se trouve, et au moment où ça commence à devenir intéressant elle me demande "tu utilises quels pronoms ?". Je bloque trois secondes. J'ai 29 ans, je suis non-binaire depuis 4 ans, iel au quotidien, mais dans le contexte libertin/sexuel j'ai jamais clarifié ça pour moi. Avec mes potes, mes collègues, ma famille c'est clair. Là dans un contexte de drague, en soirée, j'ai un blanc.
Je suis assigné·e meuf à la naissance, je présente assez fem, et historiquement dans les soirées sex-positive on m'a souvent ramené·e à "femme bi" par défaut. Ce qui marche pour le désir des autres mais marche pas pour moi.
Ma question concrète. Pour les non-bi qui sont actif·ves dans la scène (queer ou mixte) : comment vous gérez le moment "pronoms" en début d'interaction sexuelle ? Vous précisez en arrivant à la soirée, sur votre profil quand il y en a un, dans la conversation ? Et est-ce que vous avez vécu des situations où la personne d'en face accueille bien la conversation pronoms mais ensuite re-genre en plein moment intime ? Comment vous recadrez sans casser la dynamique ?
Réponses
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★ Non-binaire 32 ans, sept ans dans la scène queer parisienne, je te réponds depuis l'expérience. Ce qui marche pour moi : je l'annonce en début d'interaction, pas au milieu. Genre dès qu'on commence à parler dans le bar je place mes pronoms dans la première minute, naturellement, "moi c'est X, iel, tu fais quoi dans la vie". Si la personne capte et reprend, super. Si elle ignore, c'est déjà une info sur la suite. Pour le re-genrage en plein moment intime, c'est extrêmement fréquent même chez des gens bien intentionnés parce que le cerveau revient aux automatismes sous excitation. Ce qui marche pour recadrer sans casser : tu interromps une seconde, tu dis "iel pas elle" très calmement comme tu corrigerais une faute d'orthographe, puis tu reprends. Pas de drame, pas d'explication. Les gens corrects s'ajustent en deux fois. Les gens qui se vexent ou qui s'excusent pendant 5 minutes, c'est pas tes partenaires de jeu. Pour les ressources, OUTrans a des permanences (rue de la Fontaine au Roi) qui peuvent te donner des repères, et le centre LGBTQI+ Paris-IDF a un agenda des soirées queer où les pronoms sont la norme et pas une exception (Wet for Me, certains événements Cake, La Mutinerie évidemment).
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Je vais être maladroit·e mais tu vas comprendre. J'ai 36 ans, je suis trans non-bi aussi (they/iel), je galère pareil. Ce que j'ai fini par accepter c'est que les soirées mixtes hétéro c'est pas la peine, le coût émotionnel est trop élevé, tu passes ta nuit à re-éduquer des gens qui sont là pour décompresser. Donc je fais que du strictement queer maintenant. La Mut le jeudi, Wet for Me, RoseBuds, certaines fêtes Cake. C'est moins de choix mais c'est mille fois plus reposant. Peut-être que c'est la vraie réponse à ta question. Pas "comment je fais comprendre mes pronoms partout" mais "où je vais où c'est déjà acquis".
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