Le parking du club à Bâle, dimanche 6h du matin, et la question qui revient à chaque fois
Il fait encore nuit, on est dans la voiture à Bâle sur le parking du club qu'on fréquente une fois par mois depuis deux ans, ma femme se démaquille avec une lingette dans le rétroviseur côté passager, et moi je tape l'adresse de Colmar dans le GPS pour les 35 minutes de retour. Elle a 39 ans, je viens d'en avoir 42, on est ensemble depuis dix-sept ans et on s'est mis aux clubs il y a trois ans. Et à chaque retour la même question revient. Pourquoi on est obligés de traverser la frontière suisse pour vivre nos soirées ? À Mulhouse il y a un seul vrai club et c'est mort la moitié du temps, à Colmar c'est zéro, et Strasbourg c'est presque deux heures aller-retour la nuit. Les Suisses ont quatre clubs sur Bâle-Saint-Louis dans un rayon de quinze kilomètres, tous propres, tous avec du monde, tous ouverts jusqu'à 6h du matin sans soucis. Côté français on a rien d'équivalent. Le truc absurde c'est qu'on paye en francs suisses des conso à 18 balles le verre alors qu'on est à trente minutes de chez nous. Vous êtes combien de couples alsaciens à faire pareil chaque mois, à enrichir la scène bâloise faute de mieux côté français. Et est-ce qu'il y a un vrai projet de club entre Mulhouse et Colmar dont j'aurais pas entendu parler, ou faut accepter que cette zone restera un désert tant que la Suisse fera le job ?