Mardi soir, douleurs en bas du ventre qui montent encore, on a une soirée club prévue samedi, mon endométriose stade 4 va peut-être tout annuler comme la dernière fois
Mardi 21h, je suis sur le canapé une bouillotte sur le bas-ventre, deuxième Spasfon de la soirée. Mon mec à côté me regarde sans rien dire. On a une soirée club prévue samedi avec un couple ami régulier qu'on adore, ça fait six semaines qu'on attend, et là je sens que mon cycle est en train de me jouer un tour comme la dernière fois. J'ai 36 ans, endométriose stade 4 diagnostiquée il y a sept ans après onze ans d'errance médicale. Trois chirurgies, ménopause artificielle de neuf mois en 2024 qui a pas tenu, là je suis sous Visanne en continu depuis huit mois, ça contrôle 70% des douleurs mais 30% du temps c'est l'enfer. Mariée depuis dix ans, on libertine depuis quatre ans, mon mec est un saint patient. Le problème spécifique du libertinage avec endométriose stade 4 c'est que les pratiques classiques sont vite limitées. La pénétration profonde, n'importe quelle position en chien, n'importe quel mouvement qui appuie sur les zones d'adhérences, c'est un risque de spasme immédiat qui ruine la soirée et qui peut durer 48h. Et c'est imprévisible, ça dépend du cycle, du stress, de la fatigue, des aliments de la journée. On a appris à privilégier le soft, les caresses, le cuni dans des positions précises, le voyeurisme exhib quand je sens que mon corps est trop sensible pour plus. Et nos couples amis réguliers se sont adaptés au fil des soirées. Mais samedi prochain, je sens que ça part en sucette et je vais devoir annuler trois jours avant comme la dernière fois. Vous, femmes endométriosiques sévères, vous gérez comment l'imprévisibilité des soirées libertines. Vous annulez à la dernière minute. Vous maintenez en mode dégradé. Vous prenez plus de soirées que vous voulez en sachant qu'une sur deux sautera.