Match de foot dimanche matin, troisième mi-temps qui s'éternise, et la femme d'un coéquipier qui s'est assise à côté de moi
Foot amateur tous les dimanches matin avec mon équipe qu'on a montée entre potes depuis dix ans. Niveau loisir, on joue contre des équipes du même style en championnat départemental. Trentenaires et quarantenaires, des barbus, des bières après le match, c'est la vie de quartier comme on l'aime. Dimanche dernier match à domicile sur notre terrain du quinzième. Troisième mi-temps au bar habituel après. La femme d'un de mes coéquipiers, qu'on appelle V., est venue voir le match ce dimanche-là, c'était inhabituel parce que les femmes elles viennent jamais. Pendant la troisième mi-temps elle est venue s'asseoir à côté de moi à la table. J'ai compris au bout de dix minutes que c'était pas hasard. Sourires, contact bras-bras, questions sur moi qui allaient un peu trop loin. Son mari à elle était à trois mètres en train de refaire le match avec les autres. Mon couple est libertin depuis cinq ans mais avec règles strictes : pas de gens proches, pas d'amis, pas de famille, pas d'entourage pro. Là j'étais en plein dans le "pas". V. m'a glissé son numéro de téléphone à la fin sur un sous-bock, en partant, sans dire un mot. Geste classique discret. Je suis rentré, j'ai pas montré le sous-bock à ma femme. Je l'ai jeté dans la poubelle de la rue avant d'entrer. Je sais pas pourquoi j'ai pas montré, normalement on partage tout. Et là je l'ai pas fait. Maintenant lundi soir je suis en train de tourner et virer dans ma tête. La règle "pas l'entourage" elle est posée depuis cinq ans. Mais y a la règle et y a le fait que j'ai pas parlé du sous-bock. C'est quoi le plus problématique, le risque V. ou le fait que j'ai caché ?