Mon atelier de restauration est devenu le lieu de nos soirées le samedi, ma femme adore, je commence à me demander si c'est sain pour le boulot
Mon atelier fait 180 mètres carrés, plafond haut, poutres apparentes, c'est une ancienne remise dans un village du Perche que j'ai retapée moi-même il y a douze ans. Je suis restaurateur de meubles anciens depuis vingt-deux ans, spécialisé dans le mobilier XVIIIème, je travaille pour des antiquaires parisiens et quelques familles privées. 49 ans. L'atelier c'est un endroit calme, odeur de cire et de bois, lumière dorée le soir. Il y a deux ans ma femme a proposé qu'on y organise une soirée libertine avec un autre couple. On habite à 150 mètres dans une maison de campagne, l'atelier était libre le samedi, on a mis un grand tapis, des bougies, des coussins, et ça s'est passé extraordinairement bien. Le cadre est inhabituel, ça change tout le rapport au lieu. Depuis on a refait l'expérience une vingtaine de fois avec trois ou quatre couples différents. C'est devenu notre rituel. Le problème c'est que mon atelier c'est aussi mon outil de travail. Sur ma table de travail il y a en ce moment une commode Louis XV qui appartient à un client parisien, valeur considérable, je l'ai depuis trois mois. Mes outils sont à leur place, mes vernis, mes cires. Et le samedi soir on transforme tout ça en lieu de fête à six adultes. On range bien après, on nettoie, mais ça reste un mélange. J'ai pas eu de souci professionnel à ce jour. Mais je commence à me demander si je salis pas quelque chose dans ma tête. Quand je passe la cire le mardi matin sur un secrétaire, est-ce que j'ai pas une trace mentale de ce qui s'est passé là le samedi. Et est-ce que ça change ma manière d'aimer mon métier. Vous travaillez à la maison ou dans un lieu qui vous appartient, et vous y avez introduit du libertinage. Vous en pensez quoi avec le recul.