Notre fille nous a annoncé qu'elle attend un bébé et je n'avais pas du tout anticipé l'effet sur notre scène
Dimanche midi notre fille aînée a posé une enveloppe au milieu de la table familiale, on a ouvert, c'était une échographie de douze semaines. On était neuf à table, ma femme a éclaté en sanglots, j'ai pris ma fille dans les bras, son compagnon avait l'air ému et un peu perdu, bref un moment magnifique. On va être grands-parents pour la première fois en octobre. J'ai 57 ans, ma femme 56, on est dans la scène depuis huit ans, on est très actifs, on a un cercle de cinq couples à Lyon et on fait régulièrement des soirées privées chez nous. La nouvelle de la grossesse, à côté du bonheur évident, m'a fait l'effet d'un coup de cadre que j'avais pas vu venir. Toute la soirée de dimanche, et toute la journée de lundi, j'ai été en train de me demander discrètement si être grand-père allait changer quelque chose à notre scène. Soyons honnête, rationnellement il n'y a aucune raison. On est adultes consentants, nos enfants ne savent rien et n'ont aucune raison de savoir, notre vie sexuelle ne regarde personne. Mais émotionnellement il s'est passé quelque chose. J'ai eu un mouvement d'auto-recul vis-à-vis de la scène, comme si être grand-père et continuer à fréquenter des clubs étaient deux choses qui me grattaient à mettre côte à côte. Je trouve ça idiot mais c'est ce que j'ai ressenti. Ma femme, quand je lui en ai parlé hier soir, m'a dit qu'elle avait eu exactement la même pensée et qu'elle se l'était reprochée immédiatement. On en a parlé deux heures, on s'est dit qu'il fallait que je pose la question quelque part parce qu'on est sûrement pas les seuls. Vous qui êtes grands-parents et actifs dans la scène, comment vous avez intégré ces deux identités, est-ce que ça a vraiment changé quelque chose dans votre rythme, et combien de temps il vous a fallu pour que ça redevienne fluide.