Notre fils s'est suicidé il y a 11 mois à 24 ans, ma femme veut reprendre les soirées dans 3 semaines pour son anniversaire à elle — j'ai dit non, elle m'accuse de la punir
Onze mois. Notre fils Thomas s'est pendu dans son studio à Montpellier le 17 juin de l'année dernière. Il avait 24 ans. On l'a su le matin du 18 par un appel de la police, ma femme a hurlé une fois et c'est tout. Onze mois. Couple 53 et 51 ans, vivant à Toulouse, libertins depuis seize ans, une fille de 27 ans qui vit à Bordeaux. Avant le 17 juin on était dans nos meilleures années sexuellement, soirées privées deux fois par mois, un cercle de cinq couples très proches. Depuis. Suspension totale. Nos cinq couples amis nous ont entourés magnifiquement, ils ont fait les courses pendant deux mois, ils ont géré l'enterrement, jamais une question sur le libertinage. Le sujet n'existait plus. Ma femme a 52 ans le 14 juin. Premier anniversaire depuis. Elle m'a dit la semaine dernière qu'elle voulait qu'on organise une soirée privée avec nos deux couples les plus proches pour ses 52 ans. Pour célébrer qu'elle est encore vivante elle m'a dit ces mots. J'ai dit non. Trop tôt. Pas le 14 juin, qui est trois jours avant la date du 17 juin de Thomas. Pas une soirée libertine pour anniversaire alors que le premier anniversaire de Thomas qu'on n'aura jamais sera trois jours après. Elle pleure depuis. Elle me dit que je veux la garder dans le deuil pour pas la perdre vivante moi aussi. Que je punis sa volonté de redevenir une femme. Que les onze mois lui ont volé sa libido et que là elle sent quelque chose qui revient et que je l'écrase. Elle ne se trompe peut-être pas complètement. Parents endeuillés d'un enfant adulte par suicide. Vous avez vécu cette question. Comment vous avez navigué le calendrier des reprises. Et entre conjoints qui ne sont pas alignés temporellement sur le deuil, qui décide.