On allume les bougies du shabbat vendredi soir en famille, et samedi à 22h on est chez un couple libertin, je sais pas comment articuler ces deux mondes
Vendredi soir 19h30, ma femme allume les deux bougies dans le salon, ma mère est à table avec nous comme tous les vendredis, mes deux ados aussi. On dit la bénédiction sur le pain et sur le vin, on mange le poulet rôti aux herbes que ma mère a apporté, on parle de la semaine, de l'école, de mon frère à Tel-Aviv. C'est un rituel qu'on fait depuis qu'on est en couple, vingt et un ans maintenant, on est juifs laïcs mais shabbat c'est sacré pour nous deux, pas religieusement, culturellement et familialement. Le lendemain soir 22h, ma mère est repartie chez elle après le déjeuner, les ados sont chez leurs amis pour la nuit, et nous on est dans le salon d'un couple qu'on a rencontré il y a six mois, à 35 km de Lyon, dans un pavillon. Eux sont catholiques non pratiquants, charmants, on s'entend très bien tous les quatre. La soirée se passe, c'est notre quatrième fois ensemble. À un moment dans la nuit, vers 1h30, je suis dans la cuisine en train de boire un verre d'eau et je pense très précisément aux bougies de la veille. Ma femme rit dans le salon avec l'autre couple. Et j'ai un moment d'absolue dissonance, j'arrive plus à faire tenir les deux scènes ensemble. Je précise, c'est pas de la culpabilité religieuse. On n'est pas pratiquants, on respecte pas la cacheroute en dehors de Pessah, on conduit le samedi, on est libertins depuis trois ans en assumant complètement. Mais culturellement, transmettre l'identité juive à nos enfants, ça compte énormément pour nous deux. Et je sens que ces deux dimensions de ma vie, le shabbat familial et le libertinage du samedi soir, je les fais coexister mais je les ai jamais vraiment articulées. Y a des couples ici dans une situation similaire, juifs laïcs avec attachement culturel fort et vie libertine assumée. Vous avez trouvé quelque chose pour relier les deux ou vous laissez juste cohabiter sans réfléchir.