Pâques chez mes beaux-parents le midi, soirée libertine le soir, j'ai cru que j'allais devenir folle
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Dimanche de Pâques 20 avril 2025. Le matin on est allés à la messe avec mes beaux-parents à 10h dans un petit village du Cher, parce que ma belle-mère est très pratiquante et que c'est notre seule présence religieuse de l'année pour lui faire plaisir. Repas à 12h30 chez eux, agneau, vin du voisin, conversations sur les petits-enfants de ma belle-sœur, café à 16h, départ à 17h30. Et on avait réservé une soirée libertine dans un club à 130 kilomètres pour 21h.
J'ai 37 ans, mon mari 40, on est dans la scène depuis quatre ans, ses parents ne savent évidemment rien et ne sauront jamais. On avait calé cette double journée parce que c'était le seul moment qui s'alignait dans nos agendas pour cette soirée précise qu'on attendait depuis longtemps, un format particulier qu'on voulait essayer. Sur le papier c'était parfaitement faisable, dans la pratique j'ai traversé un truc psychologique que je n'avais pas anticipé.
À 18h dans la voiture, je portais encore la robe modeste du déjeuner familial, on avait dans le coffre le sac avec les vêtements de soirée, et j'ai eu deux heures de trajet pour passer mentalement d'un univers à l'autre. Et je n'ai pas réussi. Quand on est arrivés à l'hôtel pour se changer, j'avais ma belle-mère dans la tête, ses crucifix dans le salon, la prière avant le repas, tout ce qui faisait sa Pâques à elle. Et je n'arrivais pas à me sentir libre de devenir autre chose pour la soirée.
On est quand même allés au club. La soirée a été correcte mais pas ce qu'on attendait, j'étais à côté de moi-même, mon mari l'a senti, on est partis à 1h. Sur le retour j'ai pleuré, pas de honte, juste d'épuisement nerveux d'avoir essayé de tenir les deux mondes dans la même journée.
La question, est-ce que vous avez des règles pour gérer la distance temporelle entre obligations familiales chargées symboliquement, Pâques, Noël, fêtes des mères, communion, et activités libertines. Faut-il une journée tampon obligatoire, ou est-ce que certains d'entre vous arrivent à enchaîner et comment.
Answers
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★ Psychanalyste qui travaille avec de nombreux couples non monogames depuis vingt ans, votre récit est très précieux parce qu'il décrit avec précision un phénomène que beaucoup vivent mais que peu osent formuler. Les fêtes religieuses familiales chargées, en particulier dans des familles pratiquantes, mobilisent des couches très anciennes de la psyché qui ne se rangent pas à volonté en quelques heures. Ce que vous appelez "ne pas avoir réussi le passage" est en réalité un fonctionnement psychique tout à fait sain, c'est votre intériorité qui refuse une transition trop brutale entre deux univers symboliques contradictoires, et c'est plutôt bon signe que mauvais. La règle que je donne à mes patients en couple ouvert qui me posent exactement cette question, est de prévoir un délai de décontamination symbolique d'au moins vingt-quatre heures entre une obligation familiale fortement chargée et une activité libertine intense. Une nuit de sommeil entre les deux univers fait beaucoup plus de travail psychique qu'on ne l'imagine. Pour les fêtes vraiment lourdes comme Pâques ou Noël en famille pratiquante, allez jusqu'à quarante-huit heures. Vous gagnerez en qualité d'expérience ce que vous perdez en flexibilité d'agenda.
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Mes beaux-parents sont aussi très pratiquants et on a trouvé un système qui marche bien pour nous. Les fêtes familiales sont sanctuarisées, on les vit pleinement sans essayer de caser autre chose, et la semaine suivante on prend un week-end juste à deux ou en couple ami pour se retrouver dans notre autre univers. Le délai d'une semaine fait que les deux mondes ne se contaminent plus l'un l'autre, et chaque dimension de notre vie garde son intensité. C'est moins flexible mais c'est tellement plus paisible que de bricoler.
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on a une règle stricte chez nous. jamais le soir même d'une fête religieuse familiale. jamais. on l'a appris à nos dépens un dimanche de Pentecôte il y a six ans, ça s'est passé exactement comme toi. depuis c'est non négociable.
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nous on enchaîne sans problème. question de personnalité, pas de règle.
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la robe modeste du déjeuner familial dans le coffre pendant que tu te changes à l'hôtel. je crois que je n'ai jamais lu de description plus juste de la double vie. tout est dans cette image.
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que tu sois partie à 1h c'est exactement la bonne décision. continuer aurait juste cassé quelque chose entre vous deux. partir tôt c'est pas un échec, c'est de la lucidité.
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l'agneau et la messe à 10h. j'ai grandi exactement dans la même ambiance, et même aujourd'hui à 44 ans il y a une part de moi qui n'arrive pas à effacer ces matinées d'enfance. c'est pas de la honte, c'est juste profond, c'est gravé.
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la prière avant le repas qui te suit jusque dans le vestiaire du club. c'est exactement le genre de truc que personne ne te dit quand tu rentres dans la scène. tu crois que ton intériorité va suivre ton agenda et en fait pas du tout.
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