Profs tous les deux, libertins depuis 3 ans, on tient ou on arrête
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Lundi matin 8h25. Je passe devant le bureau de la principale, elle me sourit, je lui rends un sourire correct, je file en salle des profs. J'ouvre mon ordi, je consulte mes mails académiques, je prépare ma séance de SVT pour la 4eB. Et dans ma tête tourne en boucle l'image du samedi soir, club à Lyon, une femme inconnue qui me sourit aussi, mais autrement.
41 ans, mon mari 43, profs tous les deux dans l'Éducation Nationale. Lui en mathématiques en lycée, moi en sciences au collège. Libertins depuis 3 ans, exclusivement en clubs et soirées privées, jamais en région où on enseigne (on traverse pour Lyon, on évite Saint-Étienne où on bosse), pseudos différents, photos floutées sur le site, on a sécurisé techniquement.
Sec : je vous demande pas si c'est légal. Je sais que c'est légal, vie privée, hors temps de travail, pas d'élève impliqué. Je vous demande la question éthique. Est-ce qu'on peut enseigner le respect, le consentement, l'EVARS comme on dit maintenant, et fréquenter des clubs où on baise avec des inconnus le samedi soir. Pour moi oui, parce que justement on pratique ce qu'on enseigne. Pour mon mari ces derniers mois c'est plus flou.
Il a commencé à parler d'arrêter. Pas par peur d'être découvert. Par "incohérence" selon lui. Et je comprends pas où est l'incohérence si tout est consenti, légal, et entre adultes. Aidez-moi à voir.
Answers
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★ Prof de philo en lycée, libertin depuis longtemps, je vais essayer de répondre à la question de cohérence parce qu'elle est intéressante. Ton mari ne te parle probablement pas d'une incohérence logique formelle, il te parle d'une dissonance vécue, ce qui n'est pas la même chose. Enseigner le consentement et le pratiquer en club ne sont pas contradictoires, tu as raison sur le papier. Mais la dissonance peut venir d'ailleurs. Premièrement de la fatigue de la double posture, sourire à la principale puis sourire à une inconnue avec deux registres totalement différents finit par épuiser. Deuxièmement de la peur de l'asymétrie, on enseigne à des enfants qui ne savent pas ce qu'on fait le samedi et on tient cette asymétrie sans la nommer pendant des années. Troisièmement, et c'est souvent ça chez mes collègues, de l'évolution naturelle du désir, vingt à trente ans c'est intense, quarante à cinquante ça se calme et on commence à se demander si le jeu en vaut la dépense énergétique. Demande-lui précisément lequel des trois c'est, sans le presser, et tu auras ta vraie réponse. La cohérence éthique objective est de ton côté, la fatigue subjective peut quand même être de son côté à lui.
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Profs aussi tous les deux, 12 ans qu'on est libertins. Jamais eu de problème de cohérence personnellement parce qu'on a tranché très tôt que notre métier c'était enseigner des contenus et tenir un cadre, pas incarner une morale modèle. On enseigne les maths, on enseigne la SVT, on enseigne le consentement quand ça arrive dans le programme, et après on rentre chez nous et notre vie nous appartient. Si ton mari sent que c'est plus le cas pour lui, écoute-le, mais le métier en soi ne crée pas l'incohérence. C'est autre chose.
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