Samedi 14h je sors de l'EHPAD de mon père Alzheimer stade modéré, samedi 22h je suis dans un club avec mon mari — la culpabilité me bouffe
Samedi après-midi 14h. Couloir EHPAD du Maine-et-Loire. Odeur de désinfectant et de purée. Mon père 81 ans Alzheimer stade modéré qui me reconnaît une fois sur trois, qui m a dit "vous êtes gentille mademoiselle" pendant deux heures aujourd hui. Je sors, je reprends ma voiture, je rentre. Samedi soir 22h. Club libertin à Nantes avec mon mari. La même peau. La même bouche. Et entre les deux huit heures pendant lesquelles je suis censée être une autre version de moi. Femme 49 ans, mon mari 52, libertins en couple depuis onze ans, soirée club deux à trois fois par mois historiquement. Depuis trois ans mon père dépendant je suis sa fille aînée et de fait son aidante principale, ma sœur faisant ce qu elle peut depuis Bordeaux mais c est moi qui gère médecins EHPAD démarches administratives et visites hebdomadaires. Le problème pas le problème. Je le formulerais comme ça. Je culpabilise pas du libertinage en soi. Je culpabilise du contraste. De passer en huit heures du couloir EHPAD au club, de la main de mon père qui tient la mienne sans savoir qui je suis à mon mari qui m embrasse devant un couple qu on rencontre pour la deuxième fois. La rapidité du basculement me retourne. Mon mari me dit que c est précisément parce que je vis l aidance dure que j ai besoin de ces moments. Je le crois intellectuellement et je vis quand même la culpabilité corporellement. Et ma question. Vous qui êtes aidants principaux d un parent en perte d autonomie et libertins en parallèle, comment vous gérez la culpabilité du contraste rapide ? Vous avez ralenti la fréquence ? Vous avez modifié le format ? Vous avez juste accepté que cette tension fasse partie du paysage. Trois ans que je tourne ça.