Soirée masquée vénitienne chez nous samedi avec quatre couples, on a investi dans des bauta vraies en papier mâché vénitiennes, est-ce que ça fait trop sérieux ou ça pose le cadre
Vingt-deux heures, salon, lustres baissés, deux bougeoirs allumés, ma robe longue noire à plumes posée sur le canapé, mon mari termine de nouer son lavallière. Les masques sont alignés sur la console de l'entrée, six bauta blanches et quatre moretta noires que j'ai fait venir de Venise via une boutique de l'île de Murano, 180 euros pièce hors port, papier mâché traditionnel, intérieur capitonné velours. Ma sœur m'a dit que j'étais folle de claquer ça pour une soirée. Peut-être. On reçoit quatre couples dont deux qu'on connaît bien depuis trois ans, un couple rencontré à un dîner sur Paris en février, et un quatrième qu'on n'a jamais vu en vrai, juste deux apéros visio préparatoires. La règle qu'on a posée par écrit dans le mail d'invitation, masque obligatoire jusqu'à minuit, pas de prénoms avant que les masques tombent, pas de téléphones visibles, code couleur tenues noir et or. J'ai 39 ans, mon mari 42, on est dans le milieu depuis sept ans, on a fait des dizaines de soirées chez nous, mais jamais avec un cadre aussi cadré. La question qui me tourne dans la tête depuis trois jours, est-ce qu'avec un dispositif aussi théâtral on n'aurait pas mis la barre trop haut. Genre les invités vont arriver, ils vont trouver ça figé, ils vont pas oser respirer. Ou alors au contraire le cadre va les libérer parce que le masque les protège. Vous, vous avez déjà fait ce genre de soirée vraiment poussée. Ou vous trouvez que c'est de la mise en scène inutile par rapport à un simple apéro qui glisse.