Test négatif ce matin et au lieu d'être soulagée j'ai pleuré devant le miroir
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Je vais essayer de raconter dans l'ordre mais c'est confus dans ma tête depuis ce matin alors pardon si ça part dans tous les sens. Donc voilà. Retard de douze jours après une soirée à quatre avec un autre couple il y a six semaines. Capote qui avait glissé sans qu'on se rende compte tout de suite j'ai senti après. Stress monté progressif, attendu d'être sûre, test ce matin Clearblue digital. Négatif. Net.
41 ans, mariée 14 ans, libertins 5 ans, deux enfants 8 et 11, on voulait pas de troisième on est clairs là-dessus avec mon mari depuis cinq ans à peu près. Donc négatif c'est ce qu'il fallait. C'est ce qu'on voulait.
Sauf que. J'ai posé le bâtonnet sur le lavabo, j'ai regardé mon reflet, et j'ai chialé. Pas un peu. Vraiment. Vingt minutes assise par terre dans la salle de bain en pyjama, l'odeur du dentifrice à la menthe que mon fils avait laissé ouvert, et moi qui sanglote pour un résultat que j'attendais.
Bref. Je suis perdue parce que je voulais pas être enceinte, je veux toujours pas, et pourtant le négatif m'a fait un vide. Comme si pendant douze jours j'avais inconsciemment laissé monter une idée que je rejetais consciemment. Est-ce que d'autres ont eu ce truc paradoxal après un retard libertin. Est-ce que ça veut dire quelque chose ou c'est juste les hormones qui redescendent.
Et accessoirement comment vous en parlez à votre mari sans qu'il flippe.
Réponses
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★ Psychologue clinicienne spécialisée en santé reproductive, je reçois régulièrement des femmes qui décrivent exactement ce que tu écris et il y a deux niveaux à séparer. Le niveau hormonal d'abord. Douze jours de retard plus stress intense plus probable légère élévation de progestérone, ton corps a vécu une mini montée de signaux de grossesse même si l'embryon n'a pas pris, et la redescente brutale après un négatif s'accompagne fréquemment d'un effondrement émotionnel qui n'a rien à voir avec ton désir réel. Donne-toi quelques jours, les larmes vont décrocher de l'événement. Le niveau psychique ensuite, parce que ce que tu décris est plus intéressant que ça. À 41 ans, mère de deux grands, libertine depuis 5 ans, ton corps t'a confrontée à la fin d'un cycle reproductif que tu n'avais peut-être pas pleinement deuilé même si rationnellement tu as fermé la porte il y a cinq ans. Le négatif a rendu cette fin réelle, concrète, datée, et tu as pleuré pas le bébé que tu voulais pas mais l'idée que ce chapitre se referme. C'est pas paradoxal, c'est extrêmement classique et sain. Pour ton mari je te conseille de lui parler exactement comme tu m'as écrit, sans édulcorer, en lui disant clairement "j'ai été soulagée et j'ai été triste, les deux ne s'annulent pas, j'ai pas changé d'avis". Il flippera pas si tu poses le cadre dès le début. Si dans trois semaines la tristesse est toujours là, deux trois séances avec un psy de couple suffiront probablement à déposer ce qui demande à être déposé.
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