Déjeuner avec mes parents et ma sœur dimanche midi, j'ai sucé trois mecs samedi soir et là je découpe le rôti — la double vie pèse
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Dimanche, 12h45, salle à manger de mes parents à Versailles, chez eux. Le rôti de bœuf qui sort du four, ma mère qui le pose au milieu de la table sur le plat en faïence de famille, mon père qui ouvre la bouteille, ma sœur Charlotte en face avec son mari qui me parle de leur projet d'adoption.
Et moi en découpant ma part du rôti, je revis samedi soir. Soirée privée chez nous, six personnes en plus de mon mari et moi. Trois hommes que j'ai sucés à différents moments de la nuit, dans la chambre, dans le salon, dans le couloir. C'est l'image qui me revient le plus là, moi à genoux dans le couloir entre la cuisine et la chambre à un moment de la soirée.
Ma mère me parle de la grand-mère qui décline, mon père de sa retraite à venir, ma sœur de l'adoption. Famille classique, catholique pratiquante, je vais à la messe avec eux à Pâques et Noël pour faire plaisir. Personne dans cette famille n'imagine ce que c'est ma vraie vie.
J'ai 38 ans, je suis cadre dans la banque, mariée 12 ans, on libertine depuis trois ans. Le décalage augmente avec le temps au lieu de diminuer. Avant ça me secouait pas, maintenant à chaque déjeuner de famille je me sens étrangère, et je sais pas si c'est moi qui change ou si c'est la pratique qui s'ancre. Vous, est-ce que ça empire ou ça s'arrange avec les années. Et comment vous faites pour tenir la table familiale du dimanche.
Answers
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★ Femme 54 ans, libertine depuis seize ans avec mon mari, je vous donne mon vécu sur la longue durée parce que vous posez la question essentielle, qu'est-ce qui se passe avec le temps. Honnêtement les premières années le décalage avec la famille m'excitait presque, je portais un secret, je me sentais à part, ça donnait une saveur particulière aux déjeuners de famille. Puis au bout de cinq ou six ans la fatigue s'est installée, exactement comme vous décrivez, le sentiment d'être étrangère, de jouer un rôle. Puis au bout de dix ans c'est passé à autre chose, à une forme d'acceptation tranquille. Voilà ce que j'ai compris en chemin. Premièrement, la sensation d'étrangeté que vous décrivez n'est pas un problème à résoudre, c'est une information à intégrer. Vous êtes devenue quelqu'un que votre famille d'origine ne connaît pas. C'est normal et c'est même sain. Toutes les personnes qui se développent à l'âge adulte deviennent partiellement étrangères à leur famille d'origine, libertines ou pas. Vous le ressentez plus parce que votre développement passe par une voie spécifique, mais le mécanisme est universel. Deuxièmement, ne cherchez pas à réduire le décalage en disant moins de mensonges, ça ne marche pas. Cherchez plutôt à enrichir votre vie en parallèle, amis qui savent, communauté libertine choisie, rituels personnels qui honorent qui vous êtes vraiment. Plus votre vraie vie a de la consistance, moins les déjeuners de famille pèsent. Troisièmement, présence pleine pendant le déjeuner, c'est une discipline. Quand votre mère parle de la grand-mère, écoutez vraiment, posez des questions, soyez là. Vous n'êtes pas obligée de partager qui vous êtes, mais vous pouvez choisir d'être présente à qui ils sont, eux. Quatrièmement, autorisez-vous des absences. Ne venez pas à tous les déjeuners. Une fois sur trois, dites que vous travaillez, que vous êtes fatiguée. Vous le devez à votre santé mentale. Cinquièmement, ne croyez pas que ça s'arrangera quand vos parents seront moins là, je peux vous dire que ça pose juste d'autres questions. Faites la paix avec le décalage maintenant.
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Ça empire dans les deux premières années. Puis ça se stabilise. Puis au bout de cinq ans ça devient juste un état de fait. Vous vivez deux vies, point. La famille du dimanche fait partie de la vie 1, vous l'honorez sans vous y dissoudre.
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Catholique pratiquante en famille libertine en pratique. Schisme intérieur permanent. À un moment faut choisir une cohérence sinon ça s'aggrave. Soit vous lâchez la messe de Noël qui ne veut plus rien dire pour vous, soit vous interrogez la pratique libertine à la lumière de votre foi réelle. L'entre-deux a un coût psychique réel.
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Charlotte adoption. Vous, libertinage. Deux sœurs deux voies. Ni l'une ni l'autre n'est mieux. Vous portez chacune une vie. Le déjeuner du dimanche c'est juste le sas où vous vous retrouvez sans tout dire.
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Le détail moi à genoux dans le couloir entre la cuisine et la chambre m'a touchée. C'est ce qui revient pendant le déjeuner, pas la chambre, pas le grand spectacle, le couloir. Souvent c'est les images annexes qui marquent. Notez-le dans un carnet quelque part, vous comprendrez en relisant dans dix ans pourquoi cette image-là.
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