Burn-out sexuel à 34 ans, je sais plus ce que je veux et c'est pas un burnout libertin
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Mardi soir, 22h30. Mon copain est sur le canapé en train de me caresser le mollet en regardant Arte, geste tendre habituel, et là à l'intérieur de moi c'est blanc. Pas dégoût, pas refus, pas fatigue. Blanc. Comme si quelqu'un avait débranché le compteur. Je le regarde et je me dis "je veux rien, ni avec toi ni avec personne, et je sais même pas si ça reviendra".
34 ans, lui 36, ensemble 7 ans, couple ouvert depuis deux ans et demi. Pour clarifier tout de suite — c'est pas un burn-out libertin, j'ai déjà lu les fils là-dessus. Là c'est différent. C'est pas que les rencontres extérieures me saoulent. C'est mon désir tout court qui est éteint. Avec lui aussi. Avec moi-même aussi, je me touche plus depuis trois semaines et même ça me manque pas.
Boulot pas plus chargé que d'habitude, sommeil correct, pas de médoc nouveau, cycle normal, dernier check gyneco impec. J'ai pas d'explication. Et lui s'inquiète, gentiment, mais s'inquiète. Il me demande "c'est moi" — non. "C'est la scène" — je sais pas. "T'as rencontré quelqu'un" — non. Et je vois bien que mon "je sais pas" répété l'angoisse.
Y a un détail aussi, je remarque depuis quelques semaines que je tourne en boucle sur des trucs administratifs, paperasse, todo, comme si mon cerveau cherchait du concret pour pas s'asseoir avec ce vide-là.
Vous avez vécu ce genre de plateau plat, total ? Combien de temps ça a duré ? Et est-ce que vous avez consulté quelqu'un de spécifique ?
Answers
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★ Sexologue clinicienne, je vais essayer d'être utile sans diagnostiquer à distance. Ce que tu décris — désir éteint avec toi-même, avec ton partenaire, avec l'extérieur, sans cause identifiable et avec une fixation compensatoire sur du concret administratif — c'est un tableau qu'on voit souvent et qui n'est pas un burn-out libertin, t'as raison. Trois choses à explorer dans l'ordre. Un, bilan biologique élargi parce que ferritine basse, thyroïde, vitamine D et hormones type prolactine peuvent éteindre la libido en silence même quand le gyneco classique dit "tout va bien". Demande un bilan complet à ton médecin traitant en lui parlant franchement. Deux, sexologue formé au modèle de Rosemary Basson plutôt qu'à l'ancien modèle Masters Johnson, parce que le désir féminin a souvent un fonctionnement réactif et pas spontané, et un blocage du désir réactif demande un travail spécifique. Trois, ouvre l'hypothèse trauma ou stress chronique non perçu, le corps peut "fermer le robinet" pour protéger quand quelque chose qu'on n'a pas conscientisé est en cours. Pour les pros, le réseau Sexocorporel France ou les sexologues du SFMS Société Française de Médecine Sexuelle sont fiables. Compte 3 à 6 séances avant de juger.
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Pilule. Tu prends laquelle. Beaucoup de pilules font ça en sourdine et personne te le dit en gynéco classique parce que c'est pas dans leur grille. Si tu prends une oestroprogestative depuis longtemps demande à passer en non hormonal pendant 3 mois et tu verras.
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Ça m'est arrivé deux fois dans ma vie, à 31 et à 39. Les deux fois c'est revenu. Patience.
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La fixation sur l'administratif c'est intéressant. Quand le système psychique est saturé par un truc qu'il digère pas, il cherche du contrôle ailleurs. Souvent c'est le ménage compulsif, chez toi c'est la paperasse. Note ça et amène-le si tu vas consulter.
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J'ai vécu ça à 36, ça a duré 4 mois. Le plus dur c'était pas l'absence de désir, c'était l'angoisse de mon mec qui voulait à tout prix comprendre et qui rendait le truc 10 fois plus lourd. Ce qui m'a aidée c'est qu'on s'est mis d'accord pour qu'il arrête de me demander comment je me sens là-dessus, qu'on garde la tendresse non sexuelle (canapé Arte exactement comme toi), et que je m'occupe seule de mon truc avec une psy. Au bout de 4 mois c'est revenu d'un coup pendant un week-end en Bretagne, sans raison évidente. Donne-toi du temps.
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