Commune intentionnelle 10 adultes en Ardèche, dîner du dimanche soir, une des coloc demande qu'on parle de "fluidité affective et sexuelle" — couple libertin invité
81 upvotes · 3 answers · 1122 views
Dimanche soir, grande table en bois, dix adultes plus deux ados de 14 et 16 qui mangent à part dans la cuisine d'été. Pain qui sort du four à bois, odeur de levain partout, vin nature dans les verres. La cohabitante "ancienne", Sophie 48 ans, ouvre la discussion mensuelle qu'ils font ici depuis sept ans, "ce soir on parle fluidité affective et sexuelle dans la commune".
Couple métropolitain installé dans la commune depuis 18 mois, 38 et 41 ans, libertins en couple depuis cinq ans avant l'arrivée. On a intégré une commune intentionnelle en Ardèche post-Covid, dix adultes propriétaires de la SCI, terrain partagé de 5 hectares, deux corps de bâtiment réhabilités, trois unités d'habitation indépendantes plus espaces communs. C'était notre projet rêvé. Le libertinage on l'avait dit à l'entretien d'entrée, "couple ouvert mais discret, pas d'interférence avec la commune". Validé par les huit autres adultes.
Et là Sophie ouvre la discussion. Trois cas en interne. Marc et Léa qui sortent ensemble depuis quatre mois alors que Léa est en couple avec Tom. Un cohabitant célibataire qui dort de plus en plus chez la voisine du bâtiment B. Et la rumeur qui circule que nous on aurait reçu un couple extérieur en weekend.
La rumeur est vraie. On a reçu un couple ami de Lyon pour deux nuits, soirée libertine en interne dans notre unité, fermée, discrète, aucun bruit aucun impact visible.
Question. Vous êtes plusieurs ici en commune intentionnelle. Comment vous gérez la frontière "libertinage couple à part de la commune" versus "la commune veut tout savoir". On a peur d'être instrumentalisés comme exemple ce soir et de devoir justifier ce qui ne devrait avoir à se justifier. Mais on veut pas non plus passer pour ceux qui cachent.
Answers
-
★ En commune intentionnelle dans le Lot depuis huit ans, douze adultes, sept ans de discussions mensuelles sur exactement ces sujets, je peux vous dire ce qui marche et ce qui détruit ces lieux. Premièrement votre intuition d'être instrumentalisés est juste, soyez fermes ce soir sans être agressifs. Vous avez le droit de dire "notre vie sexuelle de couple ne fait pas partie du périmètre de la commune, on l'avait spécifié à l'entrée, on maintient cette frontière, on est ouverts à parler des impacts si quelqu'un en ressent". Cette phrase couvre tout, refus du déballage personnel, ouverture au dialogue si problème concret. Deuxièmement la confusion à éviter absolument c'est entre "transparence" et "exposition". La transparence dans une commune c'est partager les décisions qui affectent les autres, partager les ressentis quand il y a tension. L'exposition c'est raconter sa vie sexuelle en groupe, ce n'est pas une vertu, c'est un piège qui finit par cliver. Sophie qui ouvre comme ça avec trois cas dont le vôtre, c'est ambigu, soit elle veut clarifier sainement soit elle cherche à imposer un modèle de transparence radicale. Posez la question directement "Sophie tu vises quoi en ouvrant ce sujet ce soir, info partagée ou règle commune à voter". Troisièmement les commune qui durent ont toutes une règle implicite ou explicite qui distingue l'intime du collectif. Ce qui se passe dans votre unité fermée vous regarde, ce qui se passe dans les espaces communs regarde tout le monde. Le couple ami de Lyon que vous avez reçu chez vous fermé n'affecte personne, c'est de votre ressort. Si l'un d'eux s'était baladé nu dans la cour commune ça aurait été un sujet collectif. Quatrièmement les ados de 14 et 16 dans la commune. C'est un vrai sujet de fond à séparer du votre. Les parents doivent se positionner sur ce qu'ils veulent que leurs enfants voient ou pas, et la commune doit accommoder. Mais ce n'est pas à vous de porter ce débat. Cinquièmement attention à Marc Léa Tom, ce genre de triangle non clarifié peut détruire une commune en six mois. C'est ça le vrai sujet de ce soir, pas vous. Sixièmement gardez votre couple discret pendant les six prochains mois post-discussion, le temps que les tensions internes se règlent ailleurs. Septièmement à terme votre couple a une utilité dans la commune, vous avez l'expérience du cadre libertin sain, vous pourriez proposer un mois d'écriture d'une charte des intimités. Sophie ne pourra qu'accepter ce cadre.
59 ↑
-
Si la commune commence à parler de votre vie sexuelle de couple en réunion, partez. C'est la phase 1 d'un cycle qui finit toujours mal en commune intentionnelle, j'ai vu trois projets s'effondrer comme ça en dix ans.
15 ↑
-
Sophie a très probablement une bonne intention mais elle se trompe de méthode. La discussion mensuelle de groupe sur la vie sexuelle des uns et des autres c'est le meilleur moyen de transformer une commune en théâtre. Soyez le couple qui propose le cadre alternatif, médiations à deux ou trois quand un cas spécifique pose problème, charte écrite pour le reste.
4 ↑