Mardi 21 juin il faisait encore jour à 22h quand on partait au club et ça m'a complètement bloquée
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Je sais que ça va paraître stupide. Mardi soir 21 juin, jour le plus long de l'année, on partait pour la première fois en club un mardi parce qu'ils faisaient une soirée spéciale solstice. À 22h quand on est sortis de chez nous il faisait encore complètement jour, soleil bas sur les toits, voisins en train de dîner sur leurs terrasses, gamins qui jouaient au foot dans la rue d'à côté. Et là j'ai complètement bloqué.
J'ai 41 ans, mon mari 44, on est dans la scène depuis cinq ans, je ne suis pas une débutante. Et pourtant le fait de sortir en club en plein jour, robe sous le manteau dans la voiture, croiser une voisine devant chez nous qui m'a demandé où on allait, j'ai eu pour la première fois depuis des années cette sensation d'être prise en flagrant délit. Comme si le grand jour rendait visible quelque chose qui se cache habituellement dans le noir de 22h en hiver.
Mon mari conduisait, on est restés silencieux sur trois kilomètres, et finalement je lui ai demandé de faire demi-tour. On est rentrés. Il était 22h30, il faisait encore jour, et j'étais en train de chialer dans notre cuisine en disant que je comprenais pas ce qui m'avait pris. On s'est ouvert une bouteille, on en a parlé jusqu'à minuit, et on n'est pas allés au club.
Ce que j'ai fini par comprendre, c'est que pendant cinq ans toutes nos sorties libertines avaient eu lieu dans le noir, l'hiver à 20h c'est déjà la nuit, l'été on partait à 23h30. Le grand jour à 22h cassait quelque chose dans le rituel sans que je m'en rende compte avant.
La question pour ceux qui sortent l'été quand il fait encore jour, est-ce que vous avez vécu ce blocage, et comment vous l'avez géré. Et est-ce que vous pensez que c'est lié à un côté honteux qu'on aurait pas réglé, ou est-ce qu'il y a vraiment une mécanique psychologique de la lumière qu'on devrait juste accepter sans se torturer.
Answers
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★ Psychothérapeute spécialisée dans les pratiques non monogames et la honte sociale, ce que vous décrivez est extrêmement courant et porte un nom dans la littérature, c'est la dissonance lumière-rituel. Pendant des années votre cerveau a associé l'activité libertine à un environnement sombre, à la fois physique et symbolique, et le grand jour brise brutalement cette association sans que la part rationnelle ait le temps de compenser. Le blocage que vous avez vécu n'est ni un retour de la honte ni un signal qu'il faut arrêter, c'est juste votre cerveau qui dit "ce contexte ne ressemble à rien de ce que je connais". Beaucoup de couples qui passent en mode soirée d'été tardive vivent exactement ça la première fois, et la plupart le surmontent en deux ou trois sorties en s'habituant progressivement. Ma suggestion concrète, ne forcez pas à reproduire l'expérience tout de suite. Faites d'abord une soirée chez des amis libertins proches en plein jour, par exemple un dimanche midi pour un apéro qui glisse vers autre chose, pour casser doucement l'association lumière-secret. Le club en plein jour viendra ensuite naturellement. Et non, ce n'est pas de la honte non réglée, c'est juste de la routine cognitive.
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tu as fait demi-tour et tu en as parlé. c'est exactement ce qu'il fallait faire.
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Nous c'est exactement l'inverse. On adore sortir quand il fait encore jour, on trouve que ça enlève le côté caché et que ça assume mieux ce qu'on fait. La première fois c'est vrai que ça surprend, mais après on s'y fait et on préfère même. Question d'histoire personnelle je suppose.
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Mon ex psy m'avait dit un truc qui m'avait marqué. La nuit est un consentement social tacite pour faire autrement. Le jour est un consentement explicite à assumer. C'est pour ça que beaucoup de pratiques considérées comme adultes ou marginales se sont historiquement réfugiées la nuit, et que le passage au jour demande une étape supplémentaire d'appropriation. Ce que vous avez vécu mardi est très exactement la rencontre avec cette étape supplémentaire. Ce n'est ni bien ni mal, c'est une marche que certains montent et que d'autres choisissent de ne pas monter, c'est très bien dans les deux cas.
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la voisine qui demande où on va c'est ça qui te fait disjoncter. en hiver elle est chez elle à 22h, en juin elle est sur sa terrasse avec ses enfants. tu sors plus dans le même monde social.
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on a vécu pareil un soir de juin il y a deux ans. on est rentrés, on a rien dit, on a juste regardé un film. depuis on a juste accepté qu'on est des libertins d'hiver et de mi-saison. pas d'été. ça nous va très bien.
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