Mes deux collègues de bureau ouvert me parlent vacances enfants Brico Dépôt, je pense au gangbang du samedi, comment vous gérez le décalage mental
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Mardi matin, open space, mes deux collègues les plus proches. Sylvie 47 ans qui me raconte qu'elle change la porte de son garage avec son mari ce weekend, ils ont trouvé une promo Brico Dépôt. Christophe 41 ans qui parle de la colonie de ses jumeaux cet été en Vendée. Discussion habituelle, café, on attend que la réunion commence dans dix minutes.
Et moi pendant que je hoche la tête, je pense à samedi soir. À ce qu'on a fait à six chez un couple à Asnières, scène que j'avais jamais vécue avant. Mon mari présent comme spectateur d'abord puis participant, trois autres hommes, moi au centre. Trois heures. Je revis tout dans ma tête pendant que Sylvie me parle de quincaillerie.
J'ai 41 ans, je suis chef de service dans une mutuelle, mariée 14 ans, on libertine depuis cinq ans mais c'est la première fois qu'on faisait cette config. Et là le décalage entre Brico Dépôt et samedi soir me secoue plus que d'habitude. Pas par malaise. Plus par vertige.
Comment vous vous gérez ce décalage mental le matin au bureau. Vous fermez le souvenir dans une boîte mentale et vous l'ouvrez le soir. Vous laissez infuser pendant que vous travaillez. Vous prenez ça comme une force secrète qui vous porte. Je cherche un mode de fonctionnement parce que là je me sens lunaire et c'est mardi matin.
Answers
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★ Ce que vous décrivez est très classique chez les libertins après une expérience particulièrement marquante, et il y a un mot pour ça en psychologie, on appelle ça la dissociation post-pic, le cerveau a vécu un événement de très haute intensité émotionnelle et sensorielle, et il met plusieurs jours à réintégrer cette expérience dans le récit ordinaire de votre vie. C'est normal, c'est même un signe que l'expérience a été vraiment marquante et pas une simple répétition de routine. Voilà mes conseils concrets pour les jours qui suivent. Premièrement acceptez l'état lunaire, ne luttez pas contre. Si vous essayez de chasser les flashs ils reviennent plus fort. Laissez-les passer comme des nuages, vous les notez mentalement, vous revenez à Sylvie et sa porte de garage. C'est ce qu'on appelle l'ancrage à présent. Deuxièmement, écrivez le soir. Prenez quinze minutes le soir pour écrire ce que vous avez vécu samedi, sans censure, dans un carnet que vous gardez bien caché ou dans un document chiffré. L'écriture aide le cerveau à intégrer l'expérience et à libérer la mémoire active du lendemain. Au bout de trois ou quatre soirs d'écriture les flashs diminuent naturellement. Troisièmement, parlez avec votre mari le soir tranquille. Pas juste comment tu vas, vraiment, qu'est-ce que tu as vécu, qu'est-ce que tu refais en boucle dans ta tête, qu'est-ce qui était fort, qu'est-ce qui était bizarre. Cette intégration en couple est ce qui transforme un événement en expérience commune. Quatrièmement, ne planifiez pas la suite tout de suite. Beaucoup de couples post-expérience marquante veulent immédiatement remettre ça pour confirmer. C'est une erreur. Laissez deux ou trois semaines de respiration avant de décider si vous voulez répéter ou non. Le vertige du mardi matin doit s'apaiser avant la décision.
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Force secrète. Vous le dites mieux que moi. Quand je suis en réunion avec des cons qui parlent de rien, je pense à ce que je vis vraiment et ça me donne une distance. Ça m'aide à supporter le boulot pourri.
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Décalage normal. Trois jours pour redescendre.
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Vertige c'est le bon mot. Pas malaise. Pas regret. Vertige. Quand on a vécu quelque chose qui sort vraiment du cadre on a besoin de plusieurs jours pour redescendre. Sylvie et Christophe sont vos repères de retour à la normale, écoutez-les vraiment, laissez la conversation sur Brico Dépôt vous ramener dans le rang doucement.
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