J'ai 40 ans dans deux mois et je sais plus qui je suis dans la scène — je continue par habitude ou par envie
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Question frontale. 40 ans dans deux mois, mec, libertin depuis l'âge de 31 ans avec ma compagne. Neuf ans de scène à Paris et grande couronne. Et depuis six mois je me regarde dans le miroir le matin et je sais plus si la personne qui se prépare pour le club du samedi soir c'est moi ou un perso que j'ai construit pour pas avoir à choisir.
On est couple 39 et 41 ans, deux enfants 8 et 10 ans, lui ingénieur structures dans un bureau d'études, elle prof d'espagnol au collège. Banlieue Ouest. Cercle libertin assez stable de 12-15 couples qu'on retrouve régulièrement dans deux clubs principaux et chez les uns chez les autres.
Le truc c'est que je sais plus pourquoi j'y vais. Les samedis je prépare mon sac, je passe sous la douche, je mets l'eau de toilette habituelle, je sens l'odeur du gel douche dans la salle de bain et je devrais avoir un petit pic d'excitation comme avant. Et là c'est rien. Plat. Je fais le geste parce que c'est le geste qu'on fait le samedi à 21h.
J'en ai parlé à ma compagne une fois, brièvement, elle a cru que je voulais arrêter. C'est pas ça. Je veux comprendre si la personne qui aime ça c'est encore moi ou si j'ai juste oublié comment vérifier.
Vous avez vécu ça vers 40 ans ? Ce moment où la scène devient une routine sociale et tu sais plus si c'est ton désir ou ta version officielle de toi.
Answers
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★ Psychologue en libéral, je reçois beaucoup d'adultes en couple ouvert ou libertins, et ce que tu décris a un nom qu'on emploie en consult, c'est la dissociation entre désir et identité de pratique. Tu as construit une version sociale de toi qui est libertin, et à 40 ans cette version te demande des comptes parce que ton désir profond évolue plus vite que ta version officielle. Trois pistes utiles. Un, pose-toi la question concrète : si demain matin tu apprenais que tu peux plus jamais retourner en club pour raison médicale, ta première émotion ce serait du soulagement ou du deuil ? La réponse spontanée à cette question donne 80 pour cent de l'info. Deux, sépare la scène et le couple pendant trois mois. Pas arrêter de baiser, juste pas mettre les pieds en club ni voir d'autres couples. Si à trois mois tu manques sincèrement la scène, c'est ton désir. Si à trois mois t'es soulagé et tu redécouvres ta femme, c'est que la scène était devenue une stratégie d'évitement d'autre chose. Trois, parle vraiment à ta compagne, pas en lui disant "je veux arrêter" mais en disant "je sais plus pourquoi j'y vais, aide-moi à regarder ça avec toi". Elle est probablement plus avancée que toi sur la même question. Tu vis pas une crise libertine, tu vis une crise de cohérence interne tout à fait normale à ton âge, et c'est plutôt sain que ça vienne maintenant et pas à 55 ans.
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Mec 43 ans pareil j ai eu ça en plein vers 39-40. Pour moi c était pas la scène le problème c était le club. Les mêmes têtes le même parking les mêmes blagues à l accueil les mêmes canapés. Tu confonds usure du décor et usure du désir. Essaie de tout casser pendant six mois, pas la scène, juste le décor. Change de ville, change de club, change de cercle, va dans le Sud-Est ou en Belgique sur des soirées que tu connais pas du tout. Si ton corps redémarre c est que c était le décor. Si toujours plat alors là oui faut creuser plus profond. Moi c était le décor. Aujourd hui ça tourne bien à nouveau.
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Je vais te dire un truc qui va sembler à côté. À 40 ans tu commences à comprendre que ta vie a une forme finie et que chaque samedi soir passé quelque part est un samedi soir pas passé ailleurs. C est pas la scène qui t ennuie, c est le coût d opportunité qui devient visible. Avant 35 t avais l illusion d un temps infini. Maintenant ton cerveau calcule en arrière-plan combien de samedis il te reste avec tes gosses encore à la maison, avec tes parents encore en vie, avec ton corps encore vaillant. Le plat que tu sens c est pas l absence de désir libertin, c est la présence d un calcul nouveau. Demande-toi pas si tu veux encore être libertin, demande-toi quelle proportion de tes samedis libres tu veux y consacrer maintenant. Probablement pas 100 pour cent comme à 32 ans. C est ok et c est même une étape saine.
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