J'ai pleuré dans la voiture sur le périph, mon mec a rien dit
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Bon je vais essayer de raconter ça honnêtement parce que c'est la première fois que je l'écris quelque part. On a 32 et 34 ans avec mon copain, on est ensemble depuis cinq ans, et on a commencé la pratique il y a un an et demi par curiosité. Tout se passait plutôt bien jusqu'à ce soir-là.
C'était en septembre dernier, dans une soirée chez un couple plus âgé qu'on avait rencontré sur une appli. Y avait six personnes en tout. J'avais bu un peu trop dès le début, je le reconnais. Le mari du couple hôte était très entreprenant et j'ai pas su dire stop assez clairement, j'ai laissé faire des choses que sur le moment me plaisaient à moitié et qu'après je voulais pas. Mon copain était dans une autre pièce avec sa femme, il a rien vu venir. Quand on s'est retrouvés vers 2h, j'étais lessivée, je voulais juste partir. On est partis sans bruit.
Et sur le périph en rentrant j'ai pleuré pendant peut-être vingt minutes. Mon copain a rien dit, il a juste posé sa main sur ma cuisse et il a laissé couler. Quand on est arrivés chez nous il m'a juste dit "tu me racontes quand tu veux, pas obligée ce soir". Et là j'ai chialé encore plus parce que j'ai réalisé que je m'étais pas écoutée, et que c'était pas la faute du mec, c'était la mienne d'avoir pas dit non.
Depuis on a repris doucement, mais ce soir-là m'a appris un truc dur sur moi. Qui d'autre a vécu un regret comme ça après une soirée ?
Answers
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★ Ce que vous racontez touche un point essentiel et trop peu discuté dans la scène, c'est la responsabilité qu'on a envers soi-même quand on a bu. Et c'est pas une faute morale, c'est juste une réalité physiologique, l'alcool dégrade notre capacité à dire non clairement. Beaucoup de couples libertins expérimentés finissent par se mettre une règle simple, deux verres maximum en soirée. C'est moins fun sur le papier mais ça protège vraiment. Votre copain a été en or sur le trajet retour, gardez ça précieusement.
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Moi c'était presque pareil mais en sens inverse, j'avais 33 ans, c'était notre quatrième soirée seulement, et j'ai laissé ma femme avec un mec un peu insistant pendant que j'étais avec sa partenaire dans une autre chambre. Quand on s'est retrouvés elle pleurait pas mais elle avait ce regard vide que je connaissais pas. J'ai mis trois mois à comprendre vraiment ce qui s'était passé pour elle ce soir-là, et depuis on bouge plus jamais loin l'un de l'autre.
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Vingt minutes de pleurs sur le périph et la main sur la cuisse. Je sais pas pourquoi cette image me reste, peut-être parce que c'est tellement plus parlant que tous les discours sur le consentement qu'on entend. Le vrai amour c'est ça aussi, savoir se taire et juste tenir la main.
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Le silence de votre copain est ce qu'il y a de plus beau dans votre récit. Beaucoup de mecs auraient posé cent questions, auraient voulu savoir exactement quoi avec qui, et ça aurait empiré votre état. Lui a laissé l'espace. C'est rare et c'est précieux. Quand vous lui raconterez, prenez votre temps, et dites-lui aussi que ce silence-là vous l'oublierez jamais.
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Bon courage. Mais arrêtez de vous flageller, le mec a profité d'une situation où vous étiez moins armée. C'est pas binaire la faute. Vous avez votre part oui, l'alcool, le pas-savoir-dire-non. Lui a la sienne aussi, sentir qu'une partenaire hésite et insister. Faut savoir nommer les deux sans en faire un drame mais sans tout mettre sur ses propres épaules non plus.
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Petite chose qui peut aider, vous pouvez vous mettre un signal entre vous deux dans le couple. Nous c'est un mot bête qu'on glisse dans une phrase, et l'autre sait que ça veut dire viens me chercher maintenant sans discuter. Ça a sauvé deux ou trois soirées chez nous. C'est pas magique mais ça crée une porte de sortie.
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