Ma femme sort de dépression et veut qu'on ouvre le couple. Ya un truc qui me va pas
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Pas sûr de poser ça au bon endroit mais bon.
Elle a fait une grosse dépression de septembre à février. Arrêt 5 mois, traitement, deux psys, l'enfer. Là depuis 6 semaines elle remonte vraiment, médoc baissé, elle rit, elle sort, elle court, elle reprend le boulot lundi.
Et samedi soir, sur le canapé, comme ça : "j'ai envie qu'on essaie le lifestyle, j'y pense depuis 2 mois". Je tombe. On en a JAMAIS parlé en 14 ans. Jamais. Le sujet est sorti une fois en 2016 et j'avais dit "non pas pour moi" et basta.
(Couple 42 et 43, ensemble depuis 14 ans, mariés 9, un fils de 11 que vous laissez en dehors merci.)
Le truc qui me chiffonne c'est le timing. Elle sort de l'ombre et la première chose qu'elle veut c'est l'adrénaline, le neuf, le risque. C'est pas suspect ça ? Sa psy elle est au courant ? J'ai demandé elle a dit oui mais "elle m'a dit que c'était une bonne piste". Hmm. Je sais pas. Une psy qui valide direct l'ouverture du couple d'un patient qui sort à peine de dépression majeure ya un truc qui sonne pas.
D'un autre côté je l'ai vue éteinte 6 mois et là elle est vivante. Je vais lui dire non à QUOI ? Au fait qu'elle se sente femme à nouveau ?
Mais aussi : si je dis oui maintenant et que dans 3 mois elle replonge ou que ça lui fait du mal, c'est ma faute. Et si je dis non maintenant et que ça la replonge parce qu'elle se sent étouffée, c'est aussi ma faute.
Sexothérapeute conventionné c'est une bonne piste pour cadrer ça ? Ya une règle "pas de gros changement de vie dans les X mois après une dépression majeure" ?
Answers
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★ Il y a une recommandation clinique informelle (pas une règle gravée) qu'on évite les "décisions de vie majeures" dans les 6 à 12 mois qui suivent une dépression majeure traitée. Ouvrir un couple après 14 ans ça rentre dans cette catégorie. Tu peux poser ça à sa psy directement, demande un rdv à trois si elle accepte, ça se fait. Et toi de ton côté un sexothérapeute conventionné via la sécu c'est une bonne idée, le réseau via les CeGIDD ou via les mutuelles propose souvent des consults remboursées. Ça permet de pas porter ça seul. La phase "je me sens vivante" post-dépression est réelle et belle, mais c'est aussi une phase où on peut prendre des décisions qu'on aurait pas prises avant, et c'est exactement pour ça qu'on attend. Dis pas non, dis "pas tout de suite, on creuse ensemble 6 mois et on revoit".
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ça sent l'hypomanie post dépression. surtout si c'est bipolarité non encore diagnostiquée (ça arrive très souvent qu'une "dépression" soit en fait un épisode dépressif d'un trouble bipolaire et que la phase haute soit confondue avec "elle va bien"). je dis pas que c'est ça mais ça mérite d'être posé à sa psy en direct. envie soudaine d'adrénaline + projet ambitieux + énergie débordante post phase noire c'est typiquement les signes. à creuser cliniquement avant de prendre une décision de couverture sexuelle.
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sa psy a peut être pas dit "c'est une bonne piste" exactement. ta femme te transmet le message qu'elle veut t'envoyer. demande à participer à une séance, ou demande à ta femme de te montrer un compte rendu écrit. c'est pas de la méfiance c'est juste que dans la phase actuelle elle peut entendre ce qui l'arrange.
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qu'est ce que tu en penses TOI du lifestyle ? tu poses bcp de questions sur elle et sur sa dépression. mais toi t'avais dit non en 2016. est ce que ton non c'était définitif ? est ce que c'était un non du moment ? si elle te le propose à nouveau dans un contexte normal dans 1 an tu dirais quoi ? réfléchis à ça aussi.
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tu lui dis non. point. tu te respectes toi aussi. la santé mentale de ta femme est pas une raison suffisante pour t'embarquer dans un truc dont tu veux pas. y a 8 ans tu disais non, là tu dis encore non, et c'est normal et c'est sain.
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ma femme aussi a voulu ouvrir 3 mois après sa dépression. j'ai dit oui. 8 mois plus tard rechute pire que la première fois. je sais pas si c'est la cause directe mais c'est arrivé sur fond de complication libertine (un mec qu'elle voyait l'a virée). je dis pas que c'est ton cas mais j'aurais aimé qu'on me dise d'attendre.
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le lifestyle c'est pas un antidépresseur. dis-le comme ça en discutant avec elle. "j'entends que tu te sens à nouveau vivante, je suis hyper content, mais on va pas te soigner avec du libertinage et c'est pas le rôle qu'on veut que ça joue dans nos vies à terme". si elle entend ça calmement c'est qu'elle est vraiment guérie. si elle réagit en mode "tu me prives de ma joie de vivre" c'est qu'il y a encore du chemin.
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à 42 et 43 ans avec 14 ans de couple et un gosse de 11, ouvrir maintenant c'est pas impossible mais c'est un travail. ce que sa psy a probablement dit (et qu'elle a entendu autrement) c'est que c'est pas tabou d'y penser, pas que c'était une bonne idée immédiate. nuance énorme. avant d'ouvrir : 6 mois minimum de stabilité confirmée, lectures partagées sur le sujet, idéalement un atelier de sexothérapie en couple (oui ça existe et c'est remboursé en partie selon mutuelle).
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