Je joue avec lui au tennis depuis quatre ans. Mardi il a posé sa raquette sur le banc et il a dit ce qu'il voulait dire. Je sais pas comment réagir.
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Quarante-deux ans. Mariée. Couple libertin depuis longtemps mais cadrés, soirées avec mon mari toujours présent, jamais de plans solo. Tennis deux fois par semaine au TC de mon quartier, partenaire de double depuis quatre ans avec un type que je vais appeler M.
M. a mon âge à peu près. Marié aussi, deux enfants. On joue ensemble en double avec d'autres couples, on prend un verre après, on a sa femme et mon mari dans la boucle, c'est très clean. On est devenus amis. Vraies discussions, intimité émotionnelle minimale mais réelle, le genre d'amitié qu'on développe avec un partenaire de sport régulier sur plusieurs années.
Mardi. Fin de match. On était à la machine à eau du club, juste lui et moi, les autres déjà partis. Il a posé sa raquette. Il m'a regardée. Il a dit : "Je voulais que tu saches que si un jour tu décides que tu veux quelque chose, je suis là. Pas en cachette de ton mari, pas en cachette de ma femme. Mais ouvertement. Si jamais."
Et puis il a pris sa raquette il est parti. Voilà.
Je suis pas allée jouer cette semaine, j'ai inventé une douleur au genou. La question c'est pas l'attirance physique parce que oui il y en a une, je serais malhonnête de dire non. La question c'est comment on continue à être partenaires de double après une phrase comme ça.
Mon mari est au courant que M. existe, on a déjà parlé une fois ou deux de "tiens M. il est cool je crois qu'il y a un truc". Mais une chose c'est la blague en couple, une autre c'est la phrase posée en vrai à la machine à eau. Je sais pas si je dois en parler à mon mari, si je dois en parler à M., si je dois juste reprendre les cours et faire comme si.
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★ M. a fait quelque chose de rare et de courageux : il a dit clairement ce qu'il voulait, sans drague lourde, sans cacher, sans précipiter. Cette qualité-là tu peux y répondre avec la même qualité. Donc oui tu en parles à ton mari, intégralement, mot pour mot ce qui s'est passé mardi. Pas parce que tu lui demandes la permission mais parce que c'est ton allié et que tu lui dois la transparence dans un couple ouvert. Et ensuite tu décides à deux ce que tu réponds à M. Si vous voulez explorer, vous le faites avec la même clarté que celle qu'il a mise. Si vous préférez ne pas, tu le lui dis aussi clairement et vous restez partenaires de double sans malaise. M. a posé le cadre, à toi de répondre à hauteur.
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Bon courage, sincèrement. Ces moments charnières dans un couple ouvert sont les plus chargés. C'est là qu'on découvre ce que veut dire "ouvert" pour de vrai, hors club, hors anonymat, dans la vie courante. Et c'est dur.
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Tu as inventé une douleur au genou. C'est ta vraie réponse en fait. Quelqu'un qui veut explorer répond, quelqu'un qui veut pas explorer dit non, mais quelqu'un qui fuit invente une douleur. T'as peur de quoi exactement ? Du non de ton mari ? Du oui de ton mari ? De savoir ce que tu veux toi-même ? Réponds à ça avant de répondre à M.
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Sa femme. Elle est au courant ou pas ? Parce que "ouvertement" pour lui ça veut dire avec sa femme aussi. S'il a parlé pour elle sans qu'elle soit dans la boucle c'est pas ouvert c'est unilatéral. Vérifie.
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Le truc avec les partenaires de sport c'est que la perte est lourde quand ça se passe mal. Quatre ans de tennis ensemble c'est précieux, ça remplace pas comme ça. Pèse bien.
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Tu dis "jamais de plans solo" mais c'est exactement ce que M. propose. Pas dans un contexte de club mais dans un contexte privé entre adultes consentants avec les conjoints au courant. Est-ce que c'est ton mari qui a posé cette règle ou est-ce que vous l'avez posée à deux ? Parce que si c'est une règle de confort de ton mari il faut peut-être la réinterroger maintenant qu'une vraie situation se présente. Beaucoup de couples ouverts évoluent en autorisant le solo au bout de quelques années avec des partenaires connus. Ça pourrait être votre prochain palier ou ça pourrait pas. Mais c'est une question légitime à poser.
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