On voit une thérapeute de couple à qui on a jamais parlé du libertinage — c'est viable ?
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Le truc est compliqué et je suis pas sûre d'avoir bien fait.
On a commencé une thérapie de couple il y a 8 mois suite à une grosse engueulade pas du tout liée au lifestyle (un problème avec belle-mère, longue histoire). On a choisi une thérapeute via une recommandation d'une amie. Au premier rendez-vous elle nous a demandé "et niveau intimité, comment ça va". On s'est regardés. J'ai répondu "très bien" et mon mari a hoché la tête. On a pas parlé du fait qu'on est libertins depuis 6 ans.
Pourquoi. Parce que la thérapeute a 65 ans, elle est très douce mais elle a un côté un peu classique, et on a senti qu'on allait dérailler le sujet pour lequel on est venus. On voulait régler le truc belle-mère et la communication globale.
Sauf que 8 mois plus tard on est toujours en thérapie, on parle de plein de trucs, et y a tout un pan de notre vie qu'elle connaît pas. Genre la moitié de notre semaine social et de notre intimité passe par le libertinage et elle l'ignore. Mon mari pense qu'on devrait lui dire maintenant. Moi j'ai peur que ça reformate toute la thérapie et qu'on perde le bénéfice des 8 mois.
Vous qui êtes en thérapie de couple, vous avez parlé du libertinage à votre thérapeute ? Ça change tout ou ça change rien ? Et est-ce qu'on peut sérieusement avoir une thérapie de couple où on cache un truc aussi structurant ?
Answers
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★ Thérapeute de couple, je travaille avec pas mal de couples en non-monogamie. Je vais te dire deux choses. La première c'est que oui une thérapie de couple où un pan entier de la vie commune est tu, c'est sérieusement amputé, parce que la non-monogamie consensuelle structure votre communication, votre gestion de la jalousie, vos rituels, votre vocabulaire émotionnel. Si elle traite votre conflit avec belle-mère en pensant que vous êtes un couple monogame classique, elle vous propose des outils calibrés pour une autre vie. La deuxième chose c'est que tous les thérapeutes ne sont pas formés à la non-monogamie consensuelle, et certains réagissent mal ou pathologisent. Tu peux lui dire en ouverture de séance "on a un élément important qu'on n'a pas mentionné et on voudrait le poser maintenant, mais on a besoin de savoir si vous êtes à l'aise pour travailler avec un couple ouvert avant de continuer". Sa réponse en cinq minutes te dira si vous gardez cette thérapeute ou si vous cherchez quelqu'un de formé. Annuaire CIRM ou Sexotherapie.fr pour trouver des praticiens spécifiques. Les 8 mois ne sont pas perdus, ils ont posé une relation de confiance qui rend cette annonce plus facile que si vous étiez venus avec.
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Mon expérience inverse, on a dit au premier rdv qu'on était libertins, la thérapeute (la cinquantaine, recommandée pourtant) a passé 3 séances à essayer de nous ramener vers la monogamie en mode "c'est peut-être ça qui pose problème". On a changé de thérapeute. Donc oui la question vaut le coup d'être posée avant.
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Le problème avec belle-mère c'est peut-être pas si déconnecté du libertinage que vous croyez. Parfois quand on a une zone de liberté très forte dans un couple, d'autres relations familiales deviennent les zones où on se sent étouffés, parce qu'on tolère moins l'intrusion. C'est intéressant de voir si la thérapeute fait ce lien quand elle aura tous les éléments.
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Cacher c'est mentir par construction et ça finira par fuiter dans tes réponses. La vraie question c'est pourquoi tu as si peur de sa réaction. C'est pas elle, c'est toi qui pathologise déjà votre lifestyle dans ton crâne sinon t'aurais dit dès le départ.
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À la question "est-ce qu'on peut sérieusement avoir une thérapie où on cache un truc aussi structurant" la réponse est non. Suivant.
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Nous on a fait l'inverse, on est arrivés en thérapie en disant direct "couple ouvert depuis 4 ans, voilà le contexte". La thérapeute a posé deux questions, a noté, et on est passés au sujet réel qui était notre baisse de communication. Ça a été un non-événement total. Je pense que vous surestimez la réaction d'une pro de 65 ans, beaucoup de thérapeutes seniors en France ont vu passer des couples libertins depuis les années 80 et c'est pas un truc qui les choque. Dites-le simplement.
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