Cinq ans dans la scène et la jalousie a complètement changé de nature, pas disparu
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Hier soir vers minuit, dans la voiture en rentrant d'un club à Toulouse, j'ai eu une bouffée de jalousie en repensant à ma femme avec un mec. Cinq ans qu'on est dans la scène, j'aurais cru que ce truc était mort depuis longtemps. Et en fait pas du tout, il a juste changé de nature, et je voudrais en parler parce que je suis sûr que je suis pas le seul.
Au début, en 2020, la jalousie c'était brutal et basique. Je voyais ma femme jouir avec un autre et j'avais envie de me lever et de partir. C'était physique, ça me serrait le ventre, je supportais pas. On a mis presque deux ans à dépasser ça à coups de discussions interminables et de soirées arrêtées en plein milieu.
Aujourd'hui je supporte parfaitement la voir avec n'importe qui dans le moment. Aucun problème dans l'instant. Mais ce qui arrive maintenant c'est différent: c'est un truc qui revient à froid, parfois trois jours après, parfois trois semaines, par une image qui me passe par la tête en faisant la vaisselle ou en conduisant. C'est jamais le sexe lui-même qui me revient, c'est des détails périphériques. Hier soir c'était son rire pendant qu'ils prenaient un verre dans le bar avant. Pas pendant l'acte, juste le rire au bar. Et là j'ai un truc qui se serre.
Vous qui avez cinq ans ou plus de scène, est-ce que cette mutation de la jalousie vous l'avez vécue. La jalousie qui passe de l'instant à l'après-coup, et qui se déplace du sexe vers la complicité périphérique. Comment vous gérez ça.
Answers
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★ Psychothérapeute spécialisée en couples non monogames installée à Toulouse depuis douze ans, votre observation est extrêmement précise et correspond exactement à ce que je vois en consultation après trois à cinq ans de pratique. La jalousie sexuelle aiguë du début est essentiellement une jalousie de possession physique, elle se travaille bien avec l'exposition répétée et finit par s'éteindre. Mais une fois cette jalousie de possession éteinte, une jalousie plus profonde émerge, qu'on appelle la jalousie d'intimité périphérique. Elle se concentre sur tout ce qui ressemble à une vraie connexion humaine entre votre partenaire et l'autre personne, et le rire au bar avant le sexe en est un déclencheur classique parce que le rire signale une vraie complicité, pas juste un acte physique. Cette jalousie-là est plus difficile à éteindre parce qu'elle a une fonction protectrice du couple, elle vous signale les zones où vous tenez vraiment au lien exclusif. Mon conseil concret, ne cherchez pas à l'éteindre. Apprenez à la reconnaître quand elle remonte, parlez-en à votre femme dans les jours qui suivent sans en faire un drame, et utilisez-la comme une boussole pour identifier ce qui compte vraiment pour vous dans le lien conjugal.
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le rire au bar. ça m'a fait mal en lisant ça.
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moi j'ai exactement l'inverse comme évolution. au début je supportais bien le moment, c'est l'après qui me bouffait. maintenant après six ans c'est dans l'instant que ça me prend, et plus du tout après. tout le monde évolue pas dans le même sens. fais gaffe aux théories trop générales sur "comment ça évolue", chacun a son chemin.
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ton truc s'appelle de la rumination différée. parle à un sophrologue ou apprends la cohérence cardiaque, c'est fait pour exactement ça, désamorcer les remontées émotionnelles à froid. j'ai fait six séances, ça m'a vraiment aidé. 40 euros la séance à peu près, remboursé en mutuelle parfois.
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sept ans de scène pour nous. exactement le même phénomène. la jalousie dans l'instant je l'ai plus du tout, mais celle qui remonte trois jours après par un détail, oh oui. pour moi c'est un texto qu'elle a reçu d'un mec qu'on avait vu deux mois avant, juste un texto banal pour lui demander comment elle allait. dans l'instant elle me l'a montré tranquillement. deux jours après en y repensant ça m'a tué. j'ai mis trois mois à comprendre que c'était pas le texto le problème, c'était le fait qu'il pensait à elle dans sa vie normale à elle.
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