On rompt avec notre couple régulier après deux ans et personne parle de ce deuil-là
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Je pose ça parce qu'on cherche des retours et que c'est pas un sujet qu'on voit beaucoup. On a "rompu" la semaine dernière avec un couple avec qui on tournait régulièrement depuis deux ans. Pas une dispute. Une dérive lente — ils déménagent à Bordeaux, deux des quatre veulent plus, on s'est tous parlé un soir autour d'un dîner chez eux à La Rochelle et on a constaté qu'on arrêtait. Sans drame.
Et depuis une semaine on est en deuil. Vraiment. Mon mari (44 ans) a pleuré dimanche matin en faisant le café, c'était la première fois en quinze ans de couple que je le voyais comme ça pour une autre raison qu'un truc familial. Moi (41 ans) je dors mal, j'ai du mal à me concentrer au boulot, je relis nos vieux messages dans le groupe WhatsApp à quatre qui s'est éteint. C'est un vrai chagrin et personne nous a préparés à ça.
Le truc c'est qu'on peut en parler à personne. Famille — non. Potes vanille — incompréhension garantie. Potes libertins — bizarre parce qu'ils les connaissaient et certains les voyaient encore. On est seuls avec ce truc qui ressemble beaucoup à une rupture amoureuse mais qu'on a pas le droit d'appeler comme ça parce que techniquement on était "juste" un couple régulier.
Comment vous avez géré la fin d'une relation libertine longue ? Y a un mot, un cadre, quelque chose pour traverser ça sans avoir l'impression de devenir fou ?
Réponses
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★ Thérapeute spécialisée en relations plurielles, le mot que vous cherchez existe dans la littérature anglophone c'est "polyamorous breakup grief" et en français on commence à parler de "deuil de relation comète" ou plus simplement deuil relationnel non reconnu. Ce que vous traversez est ce que les chercheurs appellent une "disenfranchised grief" — un deuil que la société ne reconnaît pas et qui du coup ne bénéficie pas des rituels habituels (parler à la famille, prendre un jour off, recevoir des condoléances). C'est exactement ce qui rend ces ruptures si dures. Trois pistes concrètes. Un, donnez un nom à ce que vous vivez à voix haute, "on traverse une rupture", même si c'est juste entre vous deux. Le langage légitime l'émotion. Deux, créez un rituel de clôture personnel, brûler ensemble une photo souvenir, écrire une lettre que vous n'enverrez pas, faire un dernier dîner à deux dans le restau où vous alliez souvent à quatre. Trois, si possible un ou deux entretiens avec un thérapeute formé aux relations plurielles, sur Paris il y a le cabinet de Léa Bonnet, à Lyon le réseau Polyamour France a une liste, et en ligne le site Loving More propose des ressources francophones via leur antenne. Comptez 3 à 6 mois pour traverser, c'est un vrai deuil pas une déception passagère.
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On a vécu ça avec un couple comme nous il y a 3 ans. La fin a duré 6 mois à digérer pour ma femme, presque un an pour moi. Le truc le plus dur c'était les anniversaires (le sien, le nôtre, la date de la première soirée à 4) qui revenaient et qui frappaient. On a fini par s'autoriser à se dire "aujourd'hui c'est dur on parle d'eux ce soir", ça a beaucoup aidé. Aujourd'hui on est ok, on les recroise une fois par an dans un événement, c'est cordial. Mais oui c'était un vrai chagrin.
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C'est sain que vous viviez ça comme un deuil, ça veut dire que c'était une vraie relation, pas juste du sexe. Beaucoup nient ce truc et passent à autre chose en surface et ça ressort 2 ans après sous une autre forme.
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Le groupe WhatsApp qui s'éteint c'est ce qui m'a tué chez nous aussi. Le silence du fil après deux ans de blagues quotidiennes. Archive-le, vire-le pas, mais arrête de le relire pour l'instant.
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