Trois semaines à Buenos Aires en tango immersion, on a découvert une scène libertine adossée aux milongas et on est rentrés autres
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C'est dit.
Couple 42 et 45 ans, on danse le tango depuis huit ans à Paris, niveau intermédiaire-avancé, on enchaîne les milongas du dimanche au Sunside et celles du jeudi à La Brasserie en banlieue. Libertins depuis cinq ans en parallèle, mais les deux mondes sont restés strictement séparés jusqu'à ce voyage. Mars-avril, trois semaines à Buenos Aires.
Le programme officiel c'était classique. Cours quotidiens chez La Viruta, milongas du soir à La Catedral, Salon Canning, Confiteria Ideal, El Beso. Buenos Aires est la Mecque du tango et on voulait monter en niveau.
Ce qu'on a découvert sans le chercher.
Il existe à Buenos Aires un cercle assez établi de couples français, italiens et espagnols, expatriés ou en long séjour tango, qui pratiquent le libertinage adossé aux milongas. Pas dans la milonga elle-même, jamais, le tango est trop sacré là-bas pour ça. Mais après. Aprés-milongas privés dans des appartements de Palermo Hollywood ou Recoleta, à partir de 3-4h du matin, avec une demi-douzaine à une vingtaine de personnes selon les soirs.
On y a été introduits par un couple italien rencontré à La Viruta le huitième jour, recommandation d'un instructeur français. Sept after-milongas en trois semaines.
Ce qui nous a retournés.
La transition tango vers libertin est d'une fluidité qu'on a jamais vue en France. Tu danses avec un partenaire pendant 12 minutes une tanda en regard intense en silence total en posture serrée. Cette intimité physique sans mots est déjà à un degré au-dessus des codes français habituels. Le glissement vers une intimité plus complète après, dans le bon contexte, semble juste un prolongement naturel du même langage.
On rentre à Paris. On va aux milongas habituelles. Et tout paraît plat.
Question pour ceux qui dansent et qui sont libertins. Vous avez croisé ces deux mondes ? Ils peuvent cohabiter en France ou pas vraiment ?
Answers
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★ Couple 47-50, danseurs tango Paris depuis quinze ans, libertins depuis dix, deux séjours longs à Buenos Aires en 2019 et 2023. Je confirme à 100% tout ce que tu décris, et je vais répondre à ta question sur la France. Les deux mondes peuvent cohabiter en France mais à une condition très précise et c'est ce qui les sépare de Buenos Aires : la cohabitation se fait toujours dans des cercles privés extrêmement restreints, jamais dans l'écosystème milonga publique. À Paris on a un cercle de douze couples danseurs-libertins qui se retrouve quatre à six fois par an dans des locations Airbnb privatisées avec parquet danse (Rue de Paradis 10e, Belleville 20e, et un atelier d'artiste Vincennes), format après-milonga maison. Tu danses deux heures vraiment, puis ça glisse, exactement comme à Buenos Aires. La différence avec là-bas c'est juste qu'on doit créer le cadre nous-mêmes, à BA le cadre existe organiquement. Pour rentrer dans ce genre de cercle en France faut accepter trois ans de patience, fréquenter régulièrement les milongas avancées (jamais débutants), montrer ton niveau de danse, montrer ta discrétion sur les conversations entre danseurs, et le moment venu une porte s'ouvre par un couple qui te tend la perche. Tu peux pas accélérer le processus, c'est même contre-productif d'essayer. Pour Paris spécifiquement les milongas où ces cercles se forment sont La Cantarana le mardi, La Yumba certaines soirées spéciales, et les week-ends festivals tango Marciac en juillet et Tarbes en août. Pour BA si tu y retournes va voir les milongas de Cachirulo le mardi et de Parakultural le mercredi, scènes plus pointues que celles que tu cites et probable que ton cercle italien y soit aussi. Et pour redescendre du Buenos Aires effect, prévois six mois.
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Pour ceux qui veulent juste apprendre le tango bien en France sans aller à BA, les profs vraiment recommandables sont à Paris : Esteban Cortez et Evelyn Rivera école Yumba 11e arrondissement, à Lyon : Académie del Tango rue Mercière, à Marseille : La Tangueria. Niveau enseignement pur jus argentin, ils valent largement la peine et leur stage intensif d'été à La Garde-Freinet en juillet est ce qu'on a fait de plus formateur en quinze ans.
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Vous rentrez vraiment "autres" ou vous rentrez nostalgiques d'un voyage intense ? Question vraie pas piège. Parce que les retours de BA sont presque toujours marqués par ce sentiment, et trois mois après tout le monde se réinstalle. Donnez-vous six mois avant de juger ce qui a vraiment changé.
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Le tango est sacré. Ne mélangez pas.
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Couple 39-42, on a fait l'école Carlos Gavito à Buenos Aires l'an dernier, trois mois, et on a vu ce monde sans y rentrer. Confirme que ça existe à grande échelle. Vous avez vu des milongas spécifiquement queer/lifestyle ? Parce qu'on nous avait parlé d'une milonga le dimanche soir dans un quartier que je sais plus dont la deuxième partie déraillait régulièrement. On l'a jamais trouvée.
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Salsera depuis vingt ans pas tango mais l'idée de l'intimité physique du couple de danse est la même. Cuba pareil que BA tu as une scène libertine adossée aux casas de salsa, Santiago de Cuba et La Havane, moins formalisée qu'en Argentine plus chaotique mais existante. Pour les voyages organisés Salsa Connection fait des séjours immersion à La Havane qui peuvent dériver selon le groupe. Note que la transition tango-libertin que tu décris est moins fluide en salsa parce que la danse elle-même est moins introspective, plus festive, plus collective.
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