J'ai chialé en plein club libertin devant six personnes, je sais plus quoi faire
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J'ai pleuré au milieu d'une partie à six. Pas après. Pendant. Le mec en face de moi qui pénétrait ma femme s'est arrêté net. Tout le monde s'est arrêté. Six adultes nus immobiles à me regarder. Le silence a duré peut-être quinze secondes. Quinze secondes c'est très long quand tu es à genoux et que tu chiales.
39 ans, marié à une femme de 37 ans, couple ouvert depuis quatorze mois. Club à Toulouse, une fois par mois. Mes deux premières soirées s'étaient bien passées, troisième aussi, c'est à la quatrième que ça a lâché. Pas d'antécédent dépressif, pas de médoc, pas de gros alcool ce soir-là.
Le déclencheur je l'ai cherché et je sais. C'est ma femme qui a dit "je t'aime" au mec en face d'elle. Elle me l'a expliqué après, c'est sorti tout seul, elle pensait pas, elle voulait dire "j'adore", elle confond souvent les deux quand elle est en haut. Mais sur le moment moi j'ai juste entendu les mots et le rideau est tombé. Le mec a été classe il s'est retiré tout de suite il a mis une serviette il s'est assis. La fille à côté m'a pris la main sans rien dire. Bref ils ont été corrects.
Ma question c'est pas qu'est-ce que j'aurais dû faire à ce moment. C'est qu'est-ce que je fais maintenant. On a annulé la soirée du mois suivant. Ma femme attend que je décide. Le couple avec qui on jouait nous a renvoyé un message gentil mais on les a pas revus. Est-ce qu'on a passé une ligne ou est-ce que c'est un bug réparable.
Answers
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★ Psychologue clinicien spécialisé sexualité, j'accompagne des couples en ouverture depuis douze ans. Ce que vous décrivez n'est ni un bug ni une ligne franchie, c'est ce qu'on appelle une "rupture de cadre", phénomène très étudié en thérapie de couple non-monogame. Deux éléments concrets. D'abord sur le "je t'aime" de votre femme, c'est ce qu'on appelle un glissement lexical en état d'excitation, neurologiquement bien documenté, l'aire de Broca relâche son filtre en phase d'orgasme proche, c'est pour ça que beaucoup de gens disent des mots qu'ils ne pensaient pas dire. Elle ne mentait pas en vous disant qu'elle voulait dire "j'adore", elle vous dit la vérité. Ensuite sur la suite. Ne reprenez pas les soirées tout de suite, mais ne fermez pas non plus le couple sur un coup de tête après l'épisode. Faites trois mois de pause de club mais maintenez des plans à trois en privé avec des personnes que vous connaissez bien, pour ne pas associer "ouverture = traumatisme". Et idéalement deux à quatre séances chez un thérapeute non-monogamie friendly, pas pour soigner un problème, pour faire le débrief proprement à deux, ça vous économisera six mois de tâtonnements. Vous n'êtes pas cassés. Vous êtes en train d'apprendre vos limites au bon endroit, c'est-à-dire au bon moment de votre parcours, à quatorze mois.
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Moi je vais dire le truc que personne dit. Peut-être que le libertinage c'est pas pour toi. Et c'est ok. Pleurer à genoux devant six personnes c'est ton corps qui te dit quelque chose. Ma femme et moi on a essayé pendant deux ans, on a arrêté l'an dernier, on a une vie sexuelle dix fois plus riche en exclusif depuis. Tout le monde est pas fait pour ça, et c'est pas une régression d'accepter ça. Le "je t'aime" qu'elle a dit, peut-être qu'elle pensait pas le dire à lui mais peut-être que ton inconscient a entendu un truc plus large, du genre "ma femme est capable de partager des mots intimes avec un autre dans un contexte de jeu et moi je suis pas capable de l'entendre". Y a pas de honte. Pose la question franchement, est-ce qu'on continue parce qu'on veut ou parce qu'on a dit qu'on continuerait.
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franchement le couple en face était classe. la fille qui t'a pris la main sans rien dire ça vaut de l'or dans ce milieu. la plupart auraient fui ou fait un commentaire. garde leur numéro même si vous les revoyez pas tout de suite. les gens bien sont rares.
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