Le soir où j'ai su qu'on arrêterait jamais le libertinage
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C'est arrivé un samedi soir banal, dans un club près de Lyon qu'on fréquente depuis presque trois ans maintenant. J'ai 38 ans, mon mari 42, on s'est mis au libertinage il y a quatre ans après une longue discussion qui avait duré six mois — il avait peur que je me ferme, j'avais peur qu'il me trouve moins femme après. Bref. Ce soir-là on est arrivés vers 23h, rien de prévu, juste boire un verre et voir. Au bout d'une heure on a commencé à discuter avec un couple plus âgé que nous, lui la cinquantaine, elle un peu plus jeune. La fille était drôle, vraiment drôle, et son mari avait ce truc tranquille des mecs qui ont rien à prouver.
On a fini dans une chambre tous les quatre vers 1h du matin. Et là pendant qu'on faisait l'amour, j'ai regardé mon mari qui était avec elle, et lui m'a regardée en même temps avec ce regard qu'il a quand il est fier de moi — pas excité, fier. Et j'ai compris qu'on n'arrêterait jamais ce truc, qu'on continuerait jusqu'à ce que nos corps disent stop, parce que c'était devenu notre langage à nous deux. On rentrait pas dans une chambre, on rentrait dans notre histoire commune.
Le lendemain matin dans la voiture du retour il m'a dit "t'as vu hier soir ?" et j'ai dit oui sans qu'on ait besoin d'expliquer. Vous l'avez eu, vous, ce moment où vous avez su que ça ferait partie de votre vie pour de bon ?
Answers
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★ Nous c'était au bout de la deuxième année, dans un sauna parisien que je trouvais cher et glauque au début. Mon mari avait insisté pour qu'on y retourne une troisième fois et je traînais des pieds franchement, parce que j'avais pas accroché les fois d'avant. Et puis on a rencontré un couple qui venait de Belgique, on a passé toute la soirée à parler de tout sauf de sexe en fait. À 2h du matin quand ils sont partis sans qu'on ait rien fait avec eux, j'ai compris que je restais pour les gens autant que pour le reste.
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Moi c'est l'inverse en fait, j'ai jamais eu ce moment de certitude et ça me travaille un peu. Ça fait six ans qu'on pratique avec ma femme et je me dis encore parfois qu'on pourrait arrêter du jour au lendemain sans drame. Peut-être que c'est ça aussi être bien dans le libertinage, savoir qu'on pourrait s'en passer mais qu'on choisit de continuer parce que ça nous va. J'envie un peu ceux qui ont eu votre flash, mais en même temps cette tranquillité c'est confortable.
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Très juste ce que vous écrivez sur le langage. Avec ma femme on a fini par développer des codes pendant les soirées, un mot ou un regard qui veut dire "ça me va" ou "on part". Et le truc dingue c'est que ça déborde sur la vie normale maintenant. Le libertinage nous a appris à mieux communiquer dans la vie de tous les jours, et ça je m'y attendais pas du tout au début. Je pensais que c'était juste du sexe, c'est devenu une école de couple.
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Le regard fier du mari je connais. Le mien me regarde comme ça depuis le premier soir où j'ai osé embrasser une autre femme devant lui, ça remonte à neuf ans maintenant. C'est pas de la fierté de propriétaire, c'est plutôt de la fierté de complice je crois. Comme si on avait franchi un truc ensemble que les autres comprennent pas. Vous l'avez très bien dit, c'est devenu un langage. Je trouve pas mieux comme mot.
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Question bête mais sincère, vous parlez du club près de Lyon, ce serait pas le L. par hasard ? On cherche un endroit dans le coin parce qu'on déménage là-bas dans deux mois et on aimerait pas tout recommencer à zéro côté contacts. Si c'est pas indiscret évidemment. Sinon votre récit me parle complètement, on en est pas encore là nous avec seulement un an et demi de pratique, mais je sens que ça vient.
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