Ma mère est morte en 2024 et notre vie de couple ouvert a basculé
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En février 2024 ma mère est morte d'un cancer du pancréas après huit mois de maladie. J'ai 46 ans, j'étais sa seule fille, et je l'ai accompagnée jusqu'au bout avec mon mari qui a été d'une présence incroyable. On était dans la scène depuis six ans à ce moment-là, on sortait deux fois par mois en moyenne, on avait notre petit cercle.
Pendant les huit mois de la maladie on a arrêté complètement, évidemment. Aucune sortie, aucune envie, on était dans autre chose. Et dans les douze mois qui ont suivi sa mort on a remis les pieds en club exactement deux fois, à six mois d'écart. Les deux fois j'ai pleuré dans la voiture en rentrant, sans pouvoir vraiment expliquer pourquoi.
Ce qui s'est passé pendant cette période c'est qu'on est devenus d'une intimité différente. On baise beaucoup plus qu'avant, mais autrement, plus lent, plus présent, comme si on se touchait pour vérifier qu'on était toujours là tous les deux. Je sais plus du tout si je veux retourner dans la scène. J'ai pas envie d'arrêter "à cause du deuil" parce que ça serait lui donner trop de place. Et je sais pas comment retrouver le goût.
Ceux qui ont traversé un deuil ou une maladie grave avec une vie de couple non monogame derrière, comment vous avez navigué la reprise. Est-ce qu'on reprend en faisant comme avant. Est-ce qu'on reprend autrement. Est-ce que parfois on reprend pas du tout et c'est OK.
Answers
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★ Psychologue clinicienne spécialisée en deuil installée à Paris, ce que vous décrivez est une expérience que je vois beaucoup chez les couples non monogames endeuillés et il y a quelque chose d'important à comprendre. Le deuil d'un parent proche modifie en profondeur le rapport au temps, au corps, à la mortalité, et donc nécessairement le rapport à la sexualité non conjugale. Beaucoup de personnes constatent, dans les douze à vingt-quatre mois qui suivent un deuil parental, que la sexualité de sortie perd une partie de son intérêt parce qu'elle reposait en partie sur un sentiment d'immortalité ludique qui n'existe plus. Cela ne veut pas dire que vous arrêtez pour toujours, cela veut dire que vous traversez une phase où la sexualité conjugale dense vous suffit parce qu'elle répond à un besoin de présence et de continuité, pas de découverte. Mon conseil concret, ne forcez rien dans les vingt-quatre mois post-deuil, prenez ce temps pour vous deux, et ne fermez pas la porte définitivement. Le désir de la scène peut revenir naturellement entre la deuxième et la cinquième année post-deuil, ou ne pas revenir, et les deux sont des réponses saines.
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j'ai perdu mon père en 2019. j'avais 48 ans. on était dans la scène depuis neuf ans à ce moment-là. on a arrêté pendant deux ans et demi pile. la reprise a été progressive, on a commencé par revoir un seul couple qu'on connaissait depuis des années, sans aller en club, juste à la maison. ça nous a remis dans le bain en douceur. cinq ans après j'ai retrouvé une vie de scène normale mais j'ai jamais retrouvé la même légèreté qu'avant. c'est plus dense, plus choisi, peut-être plus rare aussi. je crois que c'est ça grandir.
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tu pleures dans la voiture parce que t'es pas prête, c'est tout. attends.
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mon mari a eu un cancer de la prostate en 2021, traitement, chirurgie, six mois compliqués, on a arrêté la scène un an et demi. quand on a repris j'avais peur qu'il ait des problèmes érectiles devant d'autres, lui aussi, du coup on a choisi un couple ami plus expérimenté que nous et on leur a tout dit avant. la première sortie post-reprise il a eu deux pannes, et la femme du couple a juste dit "on a tous le droit de pas être au top, on est pas là pour ça". cette phrase a tout débloqué chez nous deux. parle à des gens de confiance avant de retourner en club. c'est ça qui change tout.
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