Mes nuits aux urgences me bousillent la libido, je passe de zéro envie pendant dix jours à un besoin presque agressif, mon mari sait plus quoi faire
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Ça fait sept ans que je suis urgentiste, j'ai 40 ans, je travaille au CHU dans une grande métropole de l'Est, et depuis trois ou quatre ans mon corps fait quelque chose que je comprends pas vraiment. Je peux passer dix jours sans la moindre envie sexuelle, vraiment zéro, mon mari peut me caresser le dos je sens rien, c'est pas qu'il me dégoûte c'est juste éteint. Et puis d'un coup, souvent après une garde particulièrement chargée ou au contraire après une journée off complète, je deviens dans une demande presque urgente, je l'appelle à 15h au bureau pour lui dire de rentrer, c'est presque agressif comme énergie.
On est libertins depuis deux ans et demi, ça a beaucoup changé notre vie de couple, on s'est rapprochés. Mais le problème de mes cycles erratiques ça touche aussi les soirées avec d'autres couples. Une fois j'étais hyper motivée pour une soirée à quatre, on l'avait organisée à l'avance, et le jour J j'étais éteinte, j'ai dû faire semblant pendant deux heures et je me suis ridiculisée. Une autre fois c'est l'inverse, j'ai été presque trop demandeuse avec un mec qu'on connaissait peu, ça a mis tout le monde mal à l'aise.
Mon mari il est patient, c'est même pas la question. Mais lui il sait jamais où il met les pieds. Il me dit jamais non, il s'adapte, mais je sens qu'il aimerait qu'on trouve un rythme. Sauf qu'avec mon métier je sais pas comment faire. Les nuits sont jamais les mêmes, les semaines non plus, on a des plannings en 12 heures qui changent tous les mois.
Y a des soignants ou des gens en gardes lourdes ici qui ont vécu ça. Comment vous avez stabilisé sans changer de métier.
Answers
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★ Je suis anesthésiste réanimateur depuis quinze ans, je travaille au CHU aussi, ma femme est libérale en kiné, on a 46 et 43 ans et on est libertins depuis presque dix ans. Ce que vous décrivez je l'ai vécu de manière très précise pendant quatre ou cinq ans avant qu'on trouve un fonctionnement qui tient. Voilà ce qui nous a aidés concrètement. D'abord, accepter que la libido d'un soignant en garde lourde est pas une libido de bureau, c'est un truc qui est branché sur le système nerveux d'alerte permanente, donc forcément ça oscille fort. C'est pas une pathologie, c'est physiologique. Le cortisol haut de manière chronique éteint la libido, et quand le cortisol redescend brutalement après une garde, le cerveau rebondit dans l'autre sens, d'où vos pics. Une fois qu'on comprend ça, on arrête de se sentir cassée. Ensuite, sur les soirées planifiées, on a établi une règle qui change tout. On ne planifie jamais à date fixe à plus d'une semaine. On a un cercle de quatre couples avec qui on est très proches et qui acceptent le fonctionnement suivant, on confirme 72 heures avant et on annule sans drame jusqu'à 24h avant. Si vous êtes en cycle bas le jour J, vous décalez. Ces couples ont accepté ça parce qu'on leur a expliqué notre réalité de métier. Vous serez surprise du nombre de couples qui acceptent ce mode souple quand vous l'expliquez. Troisième chose, et c'est important, parlez avec votre mari de manière préventive, pas en cours de crise. Une fois par mois calmement, vous lui racontez où vous en êtes du cycle, comment vous sentez les semaines à venir. Lui il vous dit ses besoins à lui. Pas pour négocier, juste pour s'aligner. Ça fait baisser la pression silencieuse qui s'installe sinon. Enfin, sur l'aspect agressif que vous mentionnez dans les pics, parlez-en avec un sexologue qui connaît les soignants. Pas un psy général, quelqu'un qui a déjà vu ce profil. Ça vaut deux ou trois rendez-vous, c'est très éclairant. Votre métier abîme pas votre couple, il le rend juste plus complexe à piloter. Mais c'est pilotable.
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Cycle hormonal classique chez les femmes en travail posté. Étude de Karolinska sur les infirmières de nuit. Rien d'anormal.
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Honnêtement je trouve que votre mari mérite mieux que ces oscillations. Pas que ce soit votre faute mais l'effet sur lui doit être lourd. Le coup du jamais non c'est pas une vertu en fait, c'est souvent une démission. Posez-lui directement la question, si tu pouvais choisir tu voudrais quoi. Sa réponse va vous surprendre. Beaucoup d'hommes dans cette situation préfèrent un non clair à un oui flou, et préfèrent une fréquence basse stable à une fréquence chaotique. Le libertinage rajoute une couche par dessus mais le fond du problème il est dans le couple à deux.
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Aux urgences depuis douze ans, médecin aussi, et la seule chose qui a vraiment changé ma vie c'est de bouger sérieusement entre les gardes. Pas du sport mou. Du vrai, vélo route 90 minutes minimum ou natation 2km. Le corps en cortisol chronique il a besoin de relâcher physiquement, sinon il relâche n'importe comment. Depuis que je fais ça trois fois par semaine mes cycles sont nettement plus stables. À tester.
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