Elle a dit oui mais elle était cuite et je le savais et j'ai laissé faire
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Je sais pas comment commencer ça. Une heure que je tape et que j'efface. Bon. Voilà. Samedi soir au club, on rencontre un couple, l'alcool coule, beaucoup, vraiment beaucoup, et au bout d'un moment la femme du couple commence à insister auprès de la mienne pour qu'on monte tous les quatre. Ma femme rigole, dit oui, dit non, redit oui, dit "allez go", se lève en titubant. Elle a 38 ans, je la connais depuis 15 ans, je sais à quoi elle ressemble quand elle est cuite et quand elle est juste joyeuse. Là elle était cuite.
Et moi j'ai pas dit stop. J'ai pas dit "elle est trop bourrée, on remonte pas maintenant", j'ai dit rien, et on est montés. On a fait. C'était pas violent, c'était même plutôt doux, mais c'était pas le oui qu'elle aurait donné à jeun.
Le lendemain elle se rappelle de pas grand chose. Elle me dit "c'était cool nan" avec un sourire vague. Et là je suis pas bien. Je suis pas bien depuis trois jours. Parce que la règle qu'on s'était donnée — on joue pas si l'un est cuit — j'ai laissé passer. Parce qu'elle, sans le savoir, elle a peut-être pas pleinement consenti. Et parce que je me demande si je dois lui en parler maintenant ou pas, parce que lui dire c'est ouvrir une plaie qu'elle a pas et que peut-être elle aurait jamais eue. Je tourne en rond, café froid devant moi.
Vous avez vécu ça. Vous lui auriez dit.
Answers
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★ Sexologue formée en consentement, je vais te répondre franchement parce que ce que tu écris est important et tu as déjà commencé le travail en l'écrivant. Premier point, tu as raison de ne pas être bien et c'est un bon signe sur ce que tu es. Le consentement sous alcool important n'est pas un consentement valide au sens éthique du terme même quand verbalement il a été dit, et tu le sais, c'est pour ça que tu l'écris. Deuxième point, et c'est délicat, la question "lui dire ou pas" n'a pas la même réponse selon le but. Si lui dire vise à te soulager toi de la culpabilité, c'est pas une raison suffisante, tu déposes ton poids sur elle. Si lui dire vise à réécrire ensemble la règle pour qu'elle puisse compter sur toi à l'avenir, c'est essentiel et il faut le faire. Troisième point pratique, je propose la formulation suivante après plusieurs accompagnements similaires. Pas "je crois qu'on a fait quelque chose qui n'allait pas", trop accusatoire pour elle. Plutôt "samedi j'ai pas tenu notre règle alcool et ça me travaille, j'aurais dû dire stop quand on est montés, je veux qu'on revoie comment on s'entraide là-dessus". Tu mets la faute sur toi (qui en porte la part principale ici, tu étais lucide), tu protèges sa dignité, tu ouvres la réparation. Ensuite, peut-être une séance ou deux chez un sexologue de couple pour ancrer la nouvelle règle. Et félicitations pour avoir le courage de poser la question.
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Féministe et libertine depuis 11 ans, je vais te dire un truc qui va peut-être pas te plaire mais qu'il faut entendre. Le consentement sous alcool c'est exactement le sujet sur lequel le milieu libertin doit grandir et la plupart des couples y compris bienveillants ne sont pas encore au niveau. Tu as fait quelque chose qui dans un autre contexte serait nommé autrement, c'est pas léger. En même temps tu écris ici à 3 jours, tu nommes le malaise, tu cherches à réparer, c'est exactement ce qu'on attend de quelqu'un qui veut tenir un libertinage éthique. Donc oui parle-lui, oui réécrivez la règle ensemble, oui posez une vraie sanction commune pour la prochaine fois (genre on ne monte jamais après le troisième verre point), et oui vérifie avec elle si elle veut consulter, ce qui est son droit absolu indépendamment de comment elle dit aller.
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Parle-lui. Maintenant. Pas dans deux semaines.
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