Rue de Bagnolet Paris 20e, samedi 19h, je croise le voisin du dessus dans l'escalier alors qu'on part tous les deux pour le même club
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Samedi 19h, rue de Bagnolet, Paris 20e. Je sors en tenue club sous mon manteau long, ma femme déjà dans la voiture en bas. Je ferme la porte et je tombe sur le voisin du dessus dans l'escalier, lui en costume sombre, parfum boisé qui sent assez fort dans la cage d'escalier étroite.
On se salue comme d'habitude. Vague sourire. Sauf que cette fois je remarque qu'il a un sac de toile noir à la main et un genre de coffret discret qui dépasse.
Couple Paris 20e, lui 41 ans, moi 39, deux enfants au collège. Voisin du dessus c'est un cadre, divorcé, la cinquantaine, on se connaît juste de bonjour-bonsoir depuis qu'on a emménagé il y a quatre ans.
Le truc bizarre. Une fois sortis on se retrouve à dix mètres dans la rue, lui devant moi, et je le vois prendre exactement la même direction que nous, parking souterrain de la rue d'à côté. On descend les marches du parking, je l'entends ouvrir une voiture quatre places plus loin. Je rejoins la mienne, ma femme me regarde, je lui dis rien.
Une heure plus tard. Club du 18e arrondissement. Vestiaire. Je me retourne et il est là, en train de poser son manteau sur un cintre. Il me voit, il blêmit, il fait demi-tour et sort du vestiaire. Je ne l'ai pas revu de la soirée.
Lundi matin escalier. Croisement habituel. Bonjour bonsoir. Aucune allusion. Pareil mardi mercredi.
Question. Je fais quoi exactement. Je laisse couler et on continue le bonjour bonsoir pendant dix ans comme si de rien n'était. Je vais lui parler un soir pour qu'on se mette d'accord. Je change de club. Vraiment je ne sais pas et ma femme non plus.
Answers
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★ Couple parisien 46 et 48, deux enfants, on a vécu très exactement la même chose il y a trois ans avec une voisine du palier d'en face. Croisement au club, blêmissement, fuite. Pendant six mois on a fait comme vous, bonjour bonsoir et silence total. Et puis on s'est rendu compte que c'était une charge mentale énorme à chaque fois qu'on se croisait dans le hall ou à la boîte aux lettres. Donc un soir mon mari a sonné chez elle, posé deux phrases dans le couloir. "On vous a vue samedi au club X. On est dans le même monde. On veut juste qu'on soit d'accord sur le fait que ça reste entre nous et que la copropriété et nos enfants n'en sachent rien." Elle a respiré, elle a dit oui, et elle a ajouté qu'elle se sentait mieux qu'on en ait parlé. Depuis trois ans on se croise normalement, on n'a jamais reparlé du sujet, et la charge mentale a disparu en cinq minutes de conversation. Mon conseil c'est exactement ça. Allez sonner un soir entre 19h et 20h, pas le weekend, posez deux phrases courtes, ne discutez pas plus, et repartez. Le silence c'est plus lourd à porter dans la durée qu'une conversation gênante de trois minutes. Et concrètement vous allez tous les deux mieux respirer ensuite, et vous pourrez même finir par échanger des conseils de clubs entre voisins ce qui est bizarrement très agréable.
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Changez de club. Point.
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Le 18e en club libertin c'est pas si grand, vous allez forcément vous recroiser même si l'un de vous change d'adresse. La conversation est inévitable, autant la faire vite. Par contre attention à un point. Vous dites que vous avez deux enfants au collège et lui est divorcé. Sa situation à lui est plus tendue probablement, garde alternée éventuelle, ex qui pourrait utiliser ce genre d'info dans un dossier. Soyez le plus rassurant possible quand vous lui parlerez, ne le mettez pas en panique. Une phrase du genre on est dans le même bateau, ça reste entre nous, ça suffit largement.
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Pareil croisé un voisin il y a deux ans au Six Sept. On s'est juste regardés au comptoir et on a souri. Depuis on se dit bonjour avec un demi-sourire complice et on n'en parle jamais. Ça fonctionne très bien. Pas besoin de conversation officielle si le contact reste de palier sans intimité.
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