Sur le chantier je suis le chef qui gueule, le soir avec ma femme je veux qu'elle prenne le contrôle, j'arrive plus à dire la chose à voix haute
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Lundi matin 6h45, chantier d'un immeuble de bureaux à la Défense, je suis en bas de la grue, le ferrailleur a oublié la moitié d'un plan, j'engueule trois gars en cinq minutes, deux d'entre eux baissent les yeux. À 8h le coffreur arrive en retard, rebelote. Je suis chef de chantier depuis treize ans, j'ai 43 ans, j'ai géré des chantiers à Lyon, à Paris, et en ce moment un gros chantier en région parisienne pour un grand groupe. Mon équipe c'est trente-cinq compagnons, presque tous des hommes, et l'autorité ça se tient à la voix et au regard.
Le soir je rentre à la maison à Versailles, ma femme est cadre administrative à l'hôpital, on a trois enfants, et depuis qu'on a commencé le libertinage il y a deux ans j'ai découvert un truc sur moi que je savais pas. Je veux qu'elle prenne le contrôle. Pas juste être plus active, vraiment qu'elle décide, qu'elle me dirige, qu'elle décide qui on invite, qu'elle décide ce qui se passe une fois qu'ils sont là. Et qu'elle me dise quoi faire avec ses partenaires masculins quand on est à quatre.
Le truc c'est que je suis incapable de le lui demander frontalement. On a abordé le sujet deux fois en oblique, elle a senti quelque chose, elle m'a dit dis-moi ce que tu veux. J'ai éludé. Parce que dans ma tête c'est en contradiction avec qui je suis le jour. Pas avec qui je suis vraiment, ça je commence à comprendre, mais avec l'image que j'ai de moi. Le mec qui dirige trente-cinq gars sur chantier qui demande à sa femme de prendre le contrôle au lit. J'ai du mal.
Vous, vous avez des rôles très virils ou très dominants en pro et l'inverse dans l'intime. Comment vous avez passé le cap de le verbaliser à votre conjoint. Pas la théorie, le moment concret où vous avez réussi à le dire.
Answers
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★ Officier supérieur dans l'armée de terre, 46 ans, ma femme est juriste, on est libertins depuis sept ans, et ce que vous décrivez je l'ai vécu mot pour mot. La verbalisation a pris un peu plus d'un an entre la prise de conscience et la phrase dite à voix haute. Voilà comment c'est arrivé chez nous, parce que je crois que le partage d'un cas concret aide plus que des conseils généraux. Premièrement, j'ai réalisé que ce que je cherchais c'était pas un renversement de pouvoir mais un repos de pouvoir. Toute la journée je décide, j'engage la responsabilité de cent hommes, je suis le dernier décideur. Le soir je veux qu'un autre humain me retire ce poids, juste deux heures. C'est pas une honte, c'est physiologique, le cerveau a besoin de basculer en mode passif pour récupérer. Quand j'ai compris ça, je l'ai dit à ma femme avec ces mots-là, pas avec des mots sexuels. J'ai dit j'ai besoin que tu décides pour moi le samedi soir, plus du tout je décide. Elle a compris immédiatement parce que je l'ai amenée par le repos, pas par l'excitation. Le sexuel est venu après naturellement. Deuxièmement, on a commencé par des petits transferts de décision avant le grand. Elle décidait du restaurant, de l'heure de coucher, du film. Sur trois mois. Je me suis entraîné à dire oui à ses choix sans contre-proposition, c'est dur quand t'es habitué à diriger. Puis on a glissé sur le sexuel, elle a commencé à initier, à décider des positions, à décider du tempo. Troisièmement, le déclic ça a été une phrase qu'elle m'a dite un soir, ce soir tu me laisses faire, tu ne décides rien. J'ai eu un choc de soulagement, vraiment physique. À partir de là on a su qu'on tenait quelque chose. Quatrièmement, sur le libertinage à quatre, on a transposé le truc. Elle choisit le couple, elle décide du déroulement, elle me dit ce que je fais avec l'autre femme et quand je m'arrête. Les autres couples voient pas le truc en surface, ils voient juste un couple complice. Mais en interne c'est ça qui se passe. Vous lâchez rien de votre virilité de chantier, vous l'équilibrez en privé. C'est même très masculin si on veut, choisir où on donne son pouvoir.
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Chef d'agence bancaire ici, même profil dominant pro, soumis privé. Ce qui m'a aidé à verbaliser c'est de l'écrire d'abord. Pendant un mois je notais dans mon téléphone des bribes, ce que j'aimerais qu'elle fasse, ce que je voudrais ressentir, des situations précises. J'ai fini avec un texte de trois pages que je lui ai donné à lire un dimanche matin pendant que je prenais une douche. Quand je suis revenu elle pleurait un peu et m'a serré dans ses bras. Elle savait pas comment me le demander non plus. C'est elle qui voulait prendre, j'avais peur de demander. On s'est croisés en silence pendant cinq ans. L'écrit déverrouille ce que l'oral bloque.
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Vous prenez votre femme pour qui en fait. Elle attend que vous lui parliez depuis deux ans, vous écrivez sur Internet. La verbalisation concrète c'est ce soir 21h dans le canapé, vous éteignez la télé, vous lui dites j'ai besoin de te parler d'un truc. Vous prenez votre courage et vous parlez. Personne ne va le faire à votre place. Et arrêtez avec votre image de chef de chantier, elle sait déjà qui vous êtes, elle est mariée à vous depuis combien de temps, dix-quinze ans, elle a tout vu.
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