Je suis lesbienne pour ma copine mais bi dans ma tête et j'ai envie d'un homme — comment on dit ça sans tout casser
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Je sais que ça va choquer une partie d'entre vous mais je le poste quand même. J'ai 31 ans, en couple avec une femme depuis 4 ans, elle a 33. Dans tout notre cercle on est "le couple lesbien". Sa famille a mis du temps à accepter, la mienne aussi. On est out, on est militantes, on a fait la marche ensemble trois années de suite.
Sauf que. J'étais bi avant elle. J'ai eu des mecs, j'ai aimé ça, et depuis 6 mois j'y repense de plus en plus. Pas par insatisfaction avec elle, j'insiste, on baise super bien, je l'aime. Mais cette part de moi je l'ai mise en pause pour rentrer dans une case lisible socialement et là elle frappe à la porte.
Comment j'aborde le sujet sans qu'elle entende "tu retournes aux mecs" ? Sans qu'elle pense que notre identité de couple lesbien c'est du flan ? Parce que pour elle, je crois, le fait qu'on soit toutes les deux ça veut dire quelque chose de précis et politique. Et j'ai peur de casser ça en disant juste "j'aimerais coucher avec un mec une fois, encadré, en ouvert".
Quelqu'un a déjà eu cette conversation ? Comment ça s'est fini.
Réponses
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★ J'ai vécu exactement ce dilemme il y a trois ans, je vais essayer d'être utile. La conversation que vous craignez est nécessaire mais préparez-la, ne l'improvisez pas un dimanche soir. Deux choses à séparer clairement dans votre tête avant de parler : votre orientation (bi, vous l'êtes restée, c'est pas une trahison) et votre désir actuel (coucher avec un homme dans un cadre ouvert défini ensemble). Beaucoup de partenaires lesbiennes vivent le coming out bi rétroactif comme une remise en question de l'histoire commune, c'est là que ça blesse. Donc commencez par : "je suis bi, je l'ai toujours été, je te l'avais peut-être pas dit aussi clairement parce que mon désir pour toi a pris toute la place". Et après seulement, dans une autre conversation peut-être à plusieurs jours, parlez d'ouverture. Si vous mélangez les deux le premier soir, elle entendra que vous lui mentez depuis 4 ans, ce qui n'est pas vrai. Si vous avez accès à une sexologue queer-friendly, le centre LGBTQI+ Paris (63 rue Beaubourg) tient une liste de praticien·nes, et OUTrans/Bi'Cause peuvent orienter aussi. Une seule séance à deux peut vraiment aider à structurer ces conversations sans dérapage.
38 ↑
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Petite chose qui m'est arrivée et qui peut t'aider. Ma copine, quand je lui ai parlé d'envie de mec, m'a demandé une semaine pour digérer avant qu'on en reparle. J'ai trouvé ça super dur sur le moment, je voulais qu'on règle ça tout de suite. Avec le recul c'était sain. Elle est revenue plus claire, on a posé un cadre (pas chez nous, pas quelqu'un qu'on connaît, capote obligatoire, debrief honnête après), et on est passées de l'autre côté sans drame. Trois ans plus tard on est toujours ensemble. Ce qui a marché c'est qu'on a séparé "j'ai envie d'un homme une fois ou deux" de "je remets en question notre couple". Tu veux pas la deuxième conversation, fais bien comprendre que tu veux que la première.
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Franchement on entend cette histoire dix fois par an dans le milieu. Tu lui dis. Soit elle accueille, soit elle te quitte. Y a pas de troisième scénario qui se construit en cachant. Et arrête de t'excuser d'être bi, c'est pas un délit. Les couples lesbiens militants qui découvrent qu'une des deux est bi et qui en font une crise existentielle c'est leur problème pas le tien. Ton orientation est pas un projet politique.
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