Trente secondes dans un couloir, dix ans de blocage tombés
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Elle disait toujours "non c'est pas mon truc, ça me dégoûte pas, mais ça me fait rien". Pendant dix ans elle a refusé. Et je respectais évidemment.
Et puis y a deux mois, dans un club du nord de la France, il s'est passé un truc que je comprends toujours pas. On était dans un couloir entre deux salles, on attendait pour les toilettes en gros, et une femme qu'on connaissait pas est passée à côté de ma femme. Et ma femme l'a regardée, et l'autre s'est arrêtée. Trente secondes maximum. Elles se sont parlées à voix basse, je sais même pas ce qu'elles se sont dites, et la femme a embrassé ma femme dans le couloir devant tout le monde. Un baiser pas timide. Et ma femme a répondu.
Le truc qu'elle disait pas son truc pendant dix ans s'est dénoué en trente secondes. Y a pas eu de quatuor cette nuit-là, juste ce baiser, et on est rentrés en silence. Le lendemain elle m'a dit "j'ai pas d'explication, c'est cette femme, son odeur ou ses yeux, j'en sais rien". Depuis elle a expérimenté trois fois avec des femmes et elle a aimé. Mais c'est cette première qui a tout débloqué en moins d'une minute.
Vous avez eu des déclics aussi rapides après des années de blocage ?
Réponses
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★ Ces déclics existent et ils sont plus fréquents qu'on le pense, surtout chez les femmes qui ont grandi dans des environnements où l'homosexualité féminine était niée ou rendue invisible. Pendant dix ans votre femme se disait que c'était pas son truc parce que c'est ce qu'on lui avait appris à penser. Et puis une vraie rencontre arrive, une personne précise avec son odeur précise et ses yeux précis, et le truc se dénoue parce que c'est pas une catégorie abstraite c'est un être humain spécifique. C'est très beau ce que vous racontez et c'est très commun à la fois.
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Le couloir devant les toilettes, lieu peu glamour de toutes les révélations de la scène libertine. Mon mari et moi on a notre première vraie rencontre marquante dans un couloir aussi, en attendant les vestiaires. Y a un truc avec ces espaces de transit qui doit baisser les défenses je crois.
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Moi c'est le contraire qui m'est arrivé. Je me croyais super ouverte pour les femmes, je me définissais presque comme bi à 30 ans, et après cinq ou six expériences en club j'ai compris que ça me faisait rien en vrai. C'était une idée que je m'étais construite. Aujourd'hui à 38 ans j'assume que c'est pas pour moi et c'est très libérateur aussi.
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Bémol pour ceux qui liraient ça en se disant que leur partenaire va forcément avoir son déclic un jour. Ma femme dit non aux femmes depuis quinze ans, et au bout de quinze ans je peux affirmer que c'est juste pas pour elle et que ça arrivera jamais. Et c'est ok. Faut pas attendre le déclic comme un mirage, parfois le non est juste un non définitif et le couple doit s'organiser avec.
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