Cinq ans après on parle encore de Marc, et c'est étrange
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Je vais l'appeler Marc parce que c'est pas son vrai prénom mais il faut bien un nom. On a 41 et 39 ans avec ma femme, dans la scène depuis quatorze ans. Marc on l'a rencontré une seule fois, en 2020, dans un club bordelais. Cinq ans plus tard on en parle encore probablement une fois par mois.
Ce qui était particulier chez lui c'était pas physique, il était même plutôt banal. C'était sa manière d'être avec ma femme. Pendant les deux heures qu'ils ont passées ensemble il était d'une attention que j'avais jamais vue chez personne avant ou après. Pas du tout théâtral, pas du tout dans la performance. Juste totalement présent. Il regardait ma femme dans les yeux pendant tout l'acte, il lui parlait à voix basse, il s'adaptait à chaque micro-réaction. Et moi pendant ce temps j'étais avec sa partenaire qui était sympa mais sans plus, donc j'ai pu observer aussi.
Ma femme m'a dit après que c'était la première fois qu'elle se sentait vraiment vue par quelqu'un dans un moment sexuel. Pas désirée, vue. Et depuis cinq ans on essaye de comprendre ce qu'il avait fait techniquement, ce qu'on pourrait reproduire entre nous ou avec d'autres. La réponse honnête c'est qu'on sait pas. Y a des gens qui ont un don pour ça et qui le savent même pas. On l'a jamais revu, on a même pas son numéro. Vous, vous avez un Marc dans votre vie ?
Réponses
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★ Ce que vous décrivez chez Marc c'est ce que certains appellent la présence sexuelle, et c'est effectivement un don autant qu'un travail intérieur. Les gens qui ont cette qualité ont souvent fait un chemin personnel avant, en thérapie ou en méditation ou en danse, qui leur permet d'être dans leur corps sans s'observer eux-mêmes. La plupart d'entre nous on est trop dans la tête pendant l'acte, à se demander si on est bien ou pas, et ça coupe le contact. Reproduire ce que Marc a fait n'est pas une technique c'est un état d'esprit qui se cultive sur des années.
56 ↑
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Vous avez pas son numéro et y a une part de moi qui pense que c'est mieux comme ça. Si vous le revoyiez vous découvririez probablement qu'il avait un mauvais jour ou que la magie tenait au contexte. La beauté de ce souvenir vient en partie de son unicité. Certains moments sont parfaits parce qu'ils sont uniques.
7 ↑
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Mon Marc à moi c'est une femme. Sept ans qu'on en parle avec mon mari. Rencontrée dans un club lyonnais une seule fois. Pareil, elle était pas exceptionnelle physiquement, mais elle avait cette qualité d'être entièrement là. Mon mari pleure encore presque quand il en parle, et lui c'est pas du tout un homme qui s'émotionne. Y a des passages qui marquent une vie en quelques heures.
6 ↑
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Pas pour casser l'ambiance mais cinq ans à parler d'un même mec une fois par mois, ça interroge un peu sur ce que ça dit du couple actuel. Si vous étiez pleinement satisfaits dans votre sexualité à deux et avec vos partenaires actuels, est-ce que Marc occuperait autant de place ? C'est pas une critique, c'est une vraie question. Parfois ces figures restent parce qu'il y a un manque qu'on a pas comblé ailleurs.
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