Il y a, dans Marseille en juillet, une lenteur que personne ne décrit jamais correctement. Une lenteur de chaleur, de pierre chaude, de cri de mouettes, de bateaux qui claquent dans le port. Inès, trente-cinq ans, architecte spécialisée dans la rénovation de bastides, vit avec Sofiane, trente-sept ans, paysagiste qui dessine des jardins méditerranéens, dans un trois pièces aux carreaux de ciment du Vallon des Auffes. Ils sont ensemble depuis huit ans. Ils n'ont pas les codes parisiens, ils n'ont pas les rituels bordelais, ils ont leur propre rythme : un rythme du Sud, ralenti, brûlé par le soleil, secoué par le Mistral, parfumé par les pins d'Alep. Ils marchent souvent pieds nus. Ils mangent tard. Ils boivent peu, mais bien. L'été dernier, après une longue conversation en terrasse, un soir de bourrasque sèche, ils ont décidé d'ouvrir leur couple, pas pour le sauver, pour l'élargir. Ils s'étaient déjà inscrits sur obuny l'hiver précédent, en hésitant. Ils avaient lu l'article sur la scène libertine marseillaise et celui sur la communication dans le couple libertin. Ils avaient discuté, longuement, sur le toit-terrasse de leur immeuble, sous le ciel mauve. Ce qui suit, c'est leur été, raconté à hauteur de mer, à hauteur de peau.
Le Vallon, la première glace au citron
Tout commence un samedi matin, sur les marches du Vallon des Auffes. Inès porte une robe en lin noir, Sofiane un short couleur sable et un t-shirt blanc usé. Ils descendent prendre un café à la terrasse d'un petit bar caché sous le pont. La lumière, à neuf heures, est déjà dure. Le sel pique dans les yeux. Ils consultent leur téléphone, à tour de rôle, lentement. Sur obuny, ils ont reçu la veille un message d'un couple qui leur plaît : Naïma et Karim, lui photographe, elle prof de yoga, vivant à la Pointe Rouge. Ils décident de répondre tranquillement, sans fébrilité. Ils proposent une glace au citron à dix-huit heures, sur le port d'Endoume. Pas un dîner, pas un verre, une glace. Quelque chose de léger, de presque enfantin. Inès aime cette idée. Elle a lu le guide de la première rencontre, elle sait qu'il faut commencer par un cadre neutre, ouvert, où l'on peut partir sans drame. Ils passent le reste de la journée à la maison. Sofiane arrose ses plantes, Inès dessine sur le balcon. Le Mistral se lève vers seize heures, plie les volets, fait claquer le linge sur le fil. Ils sortent à dix-sept heures trente, le soleil encore haut. Ils marchent, ils ne parlent pas beaucoup. Le sud parle pour eux.
La glace, le rire, la corniche
Naïma et Karim arrivent en scooter, casques à la main. Naïma a un large foulard imprimé jaune autour des cheveux, Karim porte une chemise en lin froissée. Quatre glaces : citron, basilic, fleur d'oranger, pistache. Ils s'asseyent sur le muret, face au cap Croisette. La conversation n'a aucune lourdeur. On parle des mois d'été, des terrasses du Cours Julien, des criques accessibles seulement à pied, du jardin que Sofiane a dessiné l'hiver dernier pour une bastide de Cassis. Naïma raconte qu'elle est arrivée à Marseille à vingt-six ans, qu'elle ne repartira jamais. Inès, marseillaise depuis toujours, sourit. Ils ne parlent presque pas de libertinage, ce premier soir. Ils parlent de mer, de ce qu'on lit l'été, du fait que la nuit, à Marseille, sent autre chose. À un moment, Inès et Naïma vont marcher seules le long de la corniche pendant que les hommes finissent leur glace. C'est, dit Inès plus tard, le moment qui décide tout. Pas parce qu'il se passe quoi que ce soit, mais parce qu'elles se sentent à l'aise immédiatement, comme deux femmes qui se connaissent depuis des années. À vingt-deux heures, ils rentrent. Ils se proposent une autre rencontre, deux semaines plus tard, plus longue, à Sormiou. Tout le monde dit oui, sans pression, sans grands mots.
Sormiou, le bain de minuit
Deux semaines plus tard, c'est juillet pour de bon. Trente-deux degrés à vingt-deux heures. Ils ont obtenu une autorisation pour descendre en voiture jusqu'à la calanque de Sormiou, ils ont dîné dans un cabanon prêté par un cousin d'Inès. Pastis allongé d'eau, panisses, anchois marinés, melon de Cavaillon, vin rosé du Var très frais, mais en petites quantités. Personne ne cherche à se griser. À minuit, la lune est presque pleine. La mer est d'huile. Ils descendent jusqu'au bord de l'eau. Inès enlève sa robe, reste en maillot. Sofiane plonge le premier, sans bruit. Naïma le suit. Karim glisse dans l'eau lentement, en silence. Ils nagent loin de la rive, à dix mètres seulement, mais c'est suffisant pour que le monde derrière disparaisse. Ils flottent sur le dos. Ils se taisent. Ils reviennent vers le bord. Inès et Naïma s'embrassent, brièvement, dans l'eau. Sofiane et Karim parlent, un peu plus loin, du mouvement des étoiles. Personne ne presse personne. C'est un soir de soft, doux, marin. Ils se sèchent sur de grandes serviettes en coton, lèvent les yeux. La voie lactée est franche au-dessus du cap Morgiou. Ils rentrent au cabanon. Ils dorment dans deux chambres séparées. Ils en avaient parlé avant, ils savent qu'ils ne veulent pas tout faire dans la même soirée. Ils s'étaient inspirés de ce guide et de cet autre sur la jalousie.
Le club du Vieux-Port
Quelques semaines plus tard, fin août, ils décident d'aller ensemble dans un club libertin du Vieux-Port. Pas n'importe lequel : un endroit qu'Inès et Sofiane connaissent, où l'ambiance est chic mais pas guindée, où l'on peut juste danser si on veut. Ils ont relu, par précaution, le guide de l'étiquette en soirée échangiste. Ils s'habillent simplement, à la marseillaise : Inès en robe noire moulante, Naïma en combinaison fluide, les hommes en chemises ouvertes. À l'entrée, le portier les reconnaît, sourit. À l'intérieur, lumières basses, parfums lourds, musique électro tamisée. Ils s'installent au bar. Ils observent. Ils commandent un verre, pas deux. Ils dansent, longtemps, à quatre. Ils parlent à un autre couple à la table d'à côté, refusent poliment une proposition, restent entre eux. Inès ressent quelque chose de très précis ce soir-là : elle se sent libre, complètement libre, et profondément ancrée dans son couple. Comme si l'existence de Sofiane, à trois mètres d'elle, dans la même pièce, lui donnait la permission de vivre cette nuit-là à fond. Vers trois heures, ils sortent. Ils marchent sur le quai du Port, sandales à la main. La mer est noire, tranquille. Ils raccompagnent Naïma et Karim à leur scooter.
Septembre, la conversation au bord du soir
Septembre arrive doucement à Marseille. Le Mistral s'est levé un soir, a tout nettoyé, le ciel est bleu très pur. Inès et Sofiane sont remontés sur leur toit-terrasse. Ils ont sorti deux chaises pliantes, une bouteille d'eau gazeuse, un peu de fromage de chèvre, du pain de campagne. Ils n'ont pas vu Naïma et Karim depuis trois semaines. Ils ne s'inquiètent pas. Ils savent qu'ils se reverront, peut-être en octobre, peut-être plus tard. Ils parlent de ce que cet été leur a appris. Inès dit : "j'ai compris cet été qu'on ne perdait pas ce qu'on partageait, à condition de partager juste". Sofiane répond : "j'ai aimé voir Naïma et Karim, j'ai surtout aimé voir comment tu rentres, après". Ils rient. Ils se taisent. Ils savent qu'ils ne sont pas devenus un autre couple. Ils sont restés eux, plus poreux, peut-être un peu plus tendres. Ils se promettent de continuer à parler, comme ce soir, sans déballer, sans cacher. Ils ont relu l'article sur l'aftercare il y a quelques jours, et ils ont aimé l'idée que l'aftercare, ce n'est pas seulement la nuit qui suit, c'est toutes les semaines qui suivent. Le soleil descend derrière la Bonne Mère. Marseille rougit, doucement. Ils restent là, longtemps, sans plus rien dire. C'est ça, l'été, à eux deux.
💡 Astuces clés
- 1Choisir un cadre neutre pour la première rencontre : terrasse, glacier
- 2Limiter l'alcool, surtout par forte chaleur, pour rester pleinement présents
- 3Privilégier un soft swap doux comme première étape estivale
- 4Prévoir une vraie conversation post-rencontre dans les jours qui suivent
Questions fréquentes
Marseille est-elle une ville accueillante pour le libertinage ?
Peut-on se baigner librement dans les calanques la nuit ?
Quel est le bon rythme pour un été libertin à deux ?
Comment éviter la jalousie dans ce contexte estival ?
En résumé
L'été d'Inès et Sofiane n'a pas été spectaculaire, il a été solaire et juste. Marseille leur a offert ses scènes : Vallon des Auffes, Sormiou, Vieux-Port, toit-terrasse au crépuscule. Pour aller plus loin, vous pouvez lire notre article dédié à la scène marseillaise, le panorama national des clubs, le guide pour gérer la jalousie, l'article sur l'aftercare, ou le guide soft swap. Si vous voulez vivre votre propre été, obuny vous permet de rencontrer un autre couple méditerranéen, en respectant le rythme du sud : lent, salé, lumineux, conscient.



