*Lever de rideau. Avignon, fin avril, le Rhône roule en sourdine sous les remparts.* Juliette, trente-six ans, comédienne formée au Conservatoire, range ses textes dans le petit appartement qu'elle partage avec Romain, trente-huit ans, metteur en scène réputé pour ses adaptations baroques. Ils vivent à deux pas du Palais des Papes, dans une ruelle pavée où les pas résonnent comme dans les coulisses d'un théâtre. Ce soir-là, dans la boîte aux lettres, une enveloppe de papier crème scellée à la cire rouge. À l'intérieur, un carton calligraphié : *« Bal vénitien. Domaine du Mas des Songes. Tenue de ville interdite, masque obligatoire. »* Une adresse, une heure, et un mot manuscrit : *« Vous êtes attendus. »* Le libertinage en Vaucluse a ses codes feutrés, et ce carton en porte tous les signes. Juliette sourit, lève le sourcil comme on lève un pan de rideau. Romain, lui, allume une cigarette à la fenêtre et murmure : *« Acte un, scène un. »* Depuis trois ans, ils explorent ensemble le monde des rencontres libertines, mais toujours avec cette esthétique qui leur ressemble : la mise en scène, le costume, le rôle. Cette invitation, ils la sentent comme une réplique soufflée par les coulisses du destin. Ils acceptent, évidemment. Reste à choisir les masques.
Acte I — Préparatifs : la garde-robe comme manifeste
*Didascalie : un atelier de costumière, rue des Teinturiers, samedi matin.* Juliette tient entre ses doigts une bauta blanche, ce masque vénitien qui couvre le haut du visage et laisse le menton libre, héritage des nuits du dix-huitième siècle. Romain, lui, hésite entre une moretta noire et un Médecin de la peste détourné, plus inquiétant. La costumière, une amie de longue date, sort des cartons des étoffes brochées, des soies pourpres, des plumes d'autruche teintes. Juliette glisse dans une robe vert-de-gris à corset lâche, les épaules nues, un jupon froufroutant. Romain enfile une redingote noire à boutons d'argent, jabot de dentelle, tricorne légèrement penché. *« On joue qui ? »* demande-t-elle. *« On ne joue personne. On laisse le costume jouer pour nous. »* Ils savent, par expérience, que dans une soirée déguisée libertine, le costume est un sas : il abolit la timidité du quotidien et invite à une autre vérité. Ils consultent rapidement leur petit guide intérieur, qu'ils ont peaufiné en lisant les règles d'étiquette d'une soirée échangiste. Pas de précipitation, des règles claires entre eux pour la nuit, un mot de sortie convenu : *« noir »*. À midi, ils déjeunent une salade de fenouil sur la place de l'Horloge, bien décidés à n'arriver à la villa qu'à l'heure dite. Le théâtre commence par le respect du timing.
Acte II — Arrivée au Mas des Songes : entrée en scène
*Didascalie : route de campagne entre Avignon et l'Isle-sur-la-Sorgue, vingt et une heures, dernières lueurs.* Le taxi dépose Juliette et Romain devant un portail en fer forgé envahi de glycine. Au bout d'une allée de cyprès, une bastide provençale du dix-huitième, façade ocre, volets pistache. Des torches piquées dans le gravier dessinent un chemin lumineux. À la porte, une jeune femme déguisée en page leur tend une coupe de prosecco rosé et un loup supplémentaire au cas où. Le hall sent la cire d'abeille et la fleur d'oranger. Une violoniste masquée joue Vivaldi dans l'angle. *« Tu vois, »* souffle Romain à l'oreille de Juliette, *« le décor est entièrement à sa place. »* Une trentaine d'invités circulent déjà, masques baroques, redingotes, robes à panier modernisées. Le maître de maison, masque doré, accueille chaque couple avec un rituel : un bref entretien dans une antichambre, où l'on rappelle les règles, où l'on demande les limites, où l'on insiste sur la culture du consentement. Juliette est touchée par le sérieux du protocole. Elle pense à ce qu'elle a lu sur la sécurité dans les rencontres libertines: tout est là, transparent, posé. Romain pose sa main au creux de ses reins. La pièce, vraiment, peut commencer. Ils franchissent une portière de velours.
Acte III — Le bal : chorégraphie des regards
*Didascalie : grande salle voûtée, lustres en cristal, parquet ciré.* Quelques couples dansent une valse lente sur une musique de chambre, d'autres devisent dans des alcôves tendues de damas. Juliette adore ce moment où chacun se cherche du regard à travers la fente d'un masque. *« Le masque dévoile autant qu'il cache »*, écrit-on quelque part, et c'est exactement ça. Un couple s'approche : elle, masque argent, robe bordeaux ; lui, redingote prune, masque corbeau. Ils sont médecins, viennent de Marseille, troisième fois ici. La conversation glisse, légère, sur Mozart, sur le Festival, sur les rôles préférés. Juliette joue Phèdre l'été dernier, Romain a monté un Marivaux moderne. Les rires fusent. La complicité s'installe sans urgence. Ils s'inspirent volontairement de ce qu'ils ont compris en lisant les ressorts de la communication dans le couple libertin: avancer en synchronie, vérifier d'un coup d'œil, ne jamais devancer l'autre. Une serveuse passe avec des macarons à la rose. Le couple marseillais propose une suite de la conversation dans le petit salon. Romain interroge Juliette du regard, deux clignements lents : oui. Ils suivent. La pièce change de décor. Le rythme se ralentit, les voix baissent, les corps se rapprochent sans presque se toucher, dans cette lenteur étudiée qui est, justement, le luxe d'une bonne mise en scène.
Acte IV — Petit salon : huis clos baroque
*Didascalie : pièce ronde, plafond peint d'angelots, canapés profonds en velours bleu nuit.* Quatre personnes, deux couples, deux désirs qui s'apprivoisent. La conversation a duré, longue, sensuelle, faite d'allusions et de silences. Le médecin marseillais demande, avec une politesse qui touche Juliette, si elle accepterait qu'il lui embrasse l'épaule nue. Elle dit oui d'un sourire. Sa femme, elle, glisse une main dans celle de Romain, propose une danse encore, juste eux deux, sur place, à mi-voix. Tout reste extrêmement *soft swap*, dans cette logique bien décrite par le guide soft swap pour débutants. Pas de précipitation, pas de saut dans l'inconnu, juste l'élargissement d'un cercle. Juliette retire lentement son masque, geste lent, presque rituel. Le médecin retire le sien à son tour. Ils se regardent : visages humains, défaits du costume, plus vulnérables encore. *« Le vrai dévoilement, »* pensera Juliette plus tard, *« n'est pas celui des corps mais celui des visages. »* La nuit avance dans cette lenteur. Les caresses sont longues, les baisers échangés respectent les frontières fixées. À aucun moment ils ne dépassent ce qu'ils s'étaient dit en amont. C'est cela aussi, l'élégance d'un bal vénitien : savoir qu'on peut s'arrêter à n'importe quelle scène, et que ce sera toujours une œuvre achevée.
Acte V — Aube et tombée des masques
*Didascalie : terrasse de la bastide, six heures du matin, brume sur les vignes, premier rose du ciel.* Juliette et Romain sont sortis prendre l'air. Leurs masques pendent au creux de leur main. Une tasse de café fume entre eux. Le maître de maison, débarrassé de son loup doré, n'est plus qu'un homme d'une cinquantaine d'années, charmant, qui les remercie d'être venus *« avec autant de soin »*. Ils échangent des coordonnées. Le couple marseillais, retrouvé près de la fontaine, propose un déjeuner à L'Isle-sur-la-Sorgue dans deux semaines. Romain accepte, Juliette acquiesce. *« On verra ce qui s'écrit ensuite, »* dit-elle, comme on parle d'un texte en chantier. Sur le retour, dans le taxi qui les ramène à Avignon, ils débriefent. C'est un rituel de couple, hérité de leurs années de plateau : revenir sur la scène, dire ce qui a fonctionné, ce qui les a remués, ce qu'ils auraient voulu autrement. Ils relisent mentalement les conseils qu'ils ont mis en pratique, beaucoup inspirés par les témoignages d'autres couples libertins en France. À sept heures, ils poussent la porte de leur appartement, s'effondrent dans le canapé, encore costumés, encore légèrement étourdis par le prosecco et par eux-mêmes. Juliette pose sa tête sur l'épaule de Romain. Lui murmure : *« Rideau. »* Mais elle sait que ce n'est qu'un entracte.
💡 Astuces clés
- 1Investir dans un costume de qualité : il transforme la posture et l'assurance toute la nuit.
- 2Convenir avec son partenaire d'un mot de sécurité avant de franchir la porte.
- 3Arriver à l'heure : les rituels d'accueil donnent le ton de toute la soirée.
- 4Goûter modérément à l'alcool pour rester pleinement acteur de ses choix.
- 5Considérer la nuit comme une pièce en plusieurs actes : on peut s'arrêter à chaque entracte.
Questions fréquentes
Faut-il être expérimenté pour aller à un bal vénitien libertin ?
Comment trouver ce type de soirée privée en Provence ?
Le masque autorise-t-il vraiment plus de libertés ?
Que faire si l'un des deux veut s'arrêter pendant la soirée ?
En résumé
Le bal vénitien de Juliette et Romain au Mas des Songes illustre la beauté d'un libertinage pensé comme une mise en scène : décor, costumes, rythme, lenteur, élégance. La Provence prête son écrin baroque, mais l'essentiel se joue dans la rigueur des codes et la délicatesse des regards. Pour aller plus loin, lire le guide du libertinage en Vaucluse, l'étiquette d'une soirée privée, le guide d'une première rencontre libertine, et le panorama des clubs libertins en France 2026. Pour rejoindre une communauté française curieuse, raffinée, attachée au consentement et à la qualité des rencontres, rendez-vous sur obuny. Rideau, mais pas fin.



