Il y a des villes que l'on n'habite pas seulement, mais qui finissent par s'imprimer en nous comme une encre lente, et Toulouse, ville rose à la lumière de cuivre, demeure pour moi de cette espèce-là, ces villes qui infusent dans le sang plus qu'elles ne s'arpentent ; je m'appelle Manon, j'ai trente-deux ans, j'enseigne les lettres modernes dans un lycée du centre, et c'est entre deux strophes lues à voix haute à mes élèves, quelque part entre Verlaine et Apollinaire, que je commençai, sans bien le savoir, à comprendre que mon désir cherchait un horizon plus vaste que celui que j'osais lui dessiner. Jérémy, mon compagnon depuis sept printemps, lisait en moi cette inquiétude douce, cette curiosité qui se levait comme une marée d'estuaire, lente mais sûre, et un soir d'octobre, alors que la Garonne charriait des reflets bronze sous le pont Saint-Pierre, je lui parlai pour la première fois, à voix basse, presque honteuse, de cette envie de découvrir une femme. Il m'écouta, les yeux dans les miens, sans me sauver ni me presser, et me répondit qu'il avait pressenti depuis longtemps cette houle, et que rien de ce que j'étais ne l'effrayait. Nous parcourûmes ensemble le guide du libertinage pour femmes bisexuelles et le guide de la communication libertine, comme on lit un poème avant un voyage, pour préparer la langue à recevoir un paysage neuf, sans le déformer.
La conversation au bord de la Garonne : nommer le désir comme on nomme un fleuve
Nous marchions ce soir-là le long des berges de la Garonne, là où les promeneurs se font rares après le crépuscule, là où l'eau prend la couleur d'une vieille médaille de bronze, et je me souviens que mes mots, quand je commençai à lui dire ce que je portais, semblaient d'abord trop pâles, trop timides, comme s'ils craignaient de se voir en plein jour ; mais Jérémy, fidèle à cette qualité d'écoute qui fait sa beauté secrète, ralentit son pas, prit ma main, et attendit. Je lui parlai d'une étudiante en master que j'avais aperçue à la bibliothèque, non pour elle exactement, mais pour ce qu'elle avait éveillé : la conscience que ma curiosité n'était pas un caprice mais une part de moi attendant un acte de courage. Je lui dis que je ne voulais pas le tromper, que je voulais l'inviter à explorer avec moi, et que cette idée, justement, me terrifiait autant qu'elle m'apaisait. Il me répondit qu'il avait, lui aussi, des rivages à inviter dans notre couple, et que peut-être, ensemble, nous saurions bâtir une carte plus vaste sans perdre la maison. Nous nous arrêtâmes sur un banc, la place Saint-Pierre vibrait au loin de musique douce, et nous décidâmes, comme on décide d'un voyage, de nous inscrire à deux sur une plateforme libertine sérieuse, après avoir lu le guide des sites libertins en 2026. La nuit toulousaine, complice, semblait approuver à voix basse.
Le profil à deux mains : écrire un nous qui respire
Nous mîmes plusieurs soirs à écrire notre profil, et ces soirs-là restent dans ma mémoire comme des veillées d'écriture, l'un à côté de l'autre, un thé à la bergamote fumant entre nos tasses dépareillées, l'écran allumé sur la table de bois clair de notre appartement de la rue des Trois-Renards. Nous voulions un texte qui ne mente pas, qui ne promette rien que nous ne puissions tenir, et qui surtout ne réduise pas mon désir bi à une mode ou à un fantasme ; je tenais à ce que la femme qui nous lirait, peut-être, sente qu'elle ne serait jamais une figurante. Jérémy proposa une formulation, je la retravaillai, je proposai une image, il l'épura. Nous suivîmes le guide du profil libertin parfait, et nous y ajoutâmes, naturellement, des touches qui nous étaient propres : ma passion pour Apollinaire, sa pratique du dessin à l'encre, notre goût des marchés du dimanche au Cristal. Nous prîmes une photo dans laquelle on voyait le sourire plus que les visages, parce que nous voulions parler par allusion plus que par exhibition. Quand nous validâmes le profil, je sentis une émotion que je ne savais pas nommer, comme si nous venions ensemble d'envoyer un poème à la mer, sans savoir vers quelle plage il dériverait, mais avec la certitude qu'il était signé honnêtement. Cette honnêteté, plus tard, ferait toute la différence avec Inès.
Inès : la lecture d'un message comme on lit un sonnet
Le message d'Inès arriva trois semaines plus tard, un matin de novembre où la lumière entrait dans la cuisine en faisceau oblique, dorant la vapeur de mon café. Elle s'y présentait avec une économie de mots qui me toucha aussitôt : trente-quatre ans, libraire dans une librairie indépendante du quartier des Carmes, bisexuelle assumée depuis ses vingt ans, intéressée par les couples qui n'instrumentalisent pas la femme bi. Elle citait un vers de Louise Labé, et ce détail, je l'avoue, me fit sourire seule devant mon écran, parce qu'il signait, sans bruit, une intelligence du désir et de la langue qui me ressemblait. Je le lus à Jérémy le soir même. Nous lui répondîmes ensemble, longuement. S'ensuivit une correspondance qui s'étala sur dix jours, dans laquelle nous parlâmes plus de littérature, de villes, de musiques, que de corps, et c'est précisément cela qui me convainquit qu'elle était la bonne personne pour ce premier pas. Nous convînmes d'un café neutre, place du Capitole, en plein après-midi, comme le recommandait le guide de la première rencontre libertine. Inès arriva avec un manteau gris perle, des cheveux courts, un sourire qui semblait taillé dans la même pierre rose que les façades. Nous parlâmes deux heures, sans même évoquer la suite. Quand nous nous séparâmes, je sus que je voulais la revoir.
Le sauna mixte : la vapeur comme voile, la lenteur comme grammaire
Nous nous retrouvâmes deux semaines plus tard dans un sauna libertin mixte du sud de Toulouse, choisi parce qu'il avait la réputation d'un lieu calme, propre, exigeant sur le respect, le genre d'établissement décrit dans le guide des saunas libertins. La vapeur s'élevait des bassins comme un voile lent, les lumières étaient basses, et l'atmosphère, presque monacale, ne rappelait en rien l'imagerie tapageuse que j'avais redoutée. Nous prîmes le temps. Inès, Jérémy et moi commençâmes par une longue conversation dans une alcôve tendue de coton ivoire, vêtus de nos peignoirs, à parler poésie justement, et de cette manière dont la pudeur peut, parfois, devenir la plus sensuelle des audaces. Puis vint le bain de vapeur, où le contact se fit d'abord par les regards, ensuite par les mains, dans une lenteur qui rappelait, en moi, le rythme d'un alexandrin. Mon premier baiser à une femme eut le goût de l'eucalyptus. Je tremblai, non d'inquiétude mais de surprise heureuse, comme on tremble devant un poème dont on ne savait pas qu'il existait. Jérémy demeurait présent, attentif, son regard m'enveloppait sans me retenir, et je sentis ce que les anciens libertins nomment, paraît-il, la compersion : se réjouir du plaisir partagé sans se sentir diminué. Plus tard, dans une cabine privée, nous prolongeâmes ce dialogue à trois, dans le respect des limites posées, dans la grâce d'un soir.
Le retour à la maison : Apollinaire, thé blanc, et lendemain de neige
Nous rentrâmes vers une heure du matin, marchant sous une pluie fine qui faisait briller la rue d'Alsace-Lorraine comme un miroir. Inès nous quitta à la station de métro Capitole, deux baisers sur les joues de chacun de nous, sans promesse, sans serment, mais avec cette manière de regarder dans les yeux qui équivaut à un revoir. À la maison, Jérémy et moi nous fîmes un thé blanc, nous allumâmes une bougie de cire d'abeille, et je sortis mon vieux Apollinaire, dont je lui lus deux strophes du Pont Mirabeau ; l'une de nous riait doucement de la préciosité du geste, mais nous savions tous deux qu'il fallait, pour clore cette nuit, un acte symbolique, un souffle de littérature, une fermeture poétique de la parenthèse. Nous ne fîmes plus rien d'autre, ce soir-là. Nous nous endormîmes lovés l'un contre l'autre, et je sentais, dans mon corps, non pas un trouble mais une paix nouvelle, comme une pièce supplémentaire qu'on aurait ouverte dans une maison déjà aimée. Le lendemain matin, il neigea, exceptionnellement, sur Toulouse. Nous regardâmes les flocons depuis la fenêtre, sans rien dire, et je sus que l'expérience de la veille s'inscrirait dans nos mémoires non comme une fracture mais comme une floraison. Je relus plus tard le guide du libertinage à Toulouse et l'aftercare libertin, comme on relit un guide de voyage après être revenu chez soi.
💡 Astuces clés
- 1Lisez ensemble en couple avant la rencontre, ce qui crée une langue commune.
- 2Privilégiez les lieux feutrés au début : sauna haut de gamme, hôtel de charme.
- 3Échangez plusieurs messages écrits avant tout rendez-vous physique avec la troisième personne.
- 4Réservez un rituel de retour intime à deux pour clore la soirée.
- 5Tenez un journal après chaque expérience pour mieux vous comprendre.
Questions fréquentes
Comment annoncer une curiosité bi à son compagnon sans le blesser ?
Le sauna libertin mixte est-il adapté à une première rencontre bi ?
Comment ne pas réduire sa partenaire bi à un fantasme ?
Faut-il être amoureux de la troisième personne pour vivre une belle expérience ?
En résumé
Mon récit toulousain, je l'écris comme on dépose un galet sur un cairn, par gratitude pour la ville rose et pour Inès, mais aussi pour Jérémy, dont la confiance fut la véritable poésie de cette expérience. À celles et ceux qui se reconnaîtront, je conseille de lire le guide du libertinage féminin bi, le guide de Toulouse libertine, le guide des saunas mixtes, le manuel de communication avancée, et l'aftercare, comme autant de strophes d'un même long poème. Sur obuny, vous trouverez peut-être votre Inès, ou votre Jérémy, ou votre propre voix. La langue du désir s'apprend lentement, comme tout ce qui mérite d'être lu deux fois.


