Romy. Libraire. Trente-huit ans. Octave. Médecin de campagne. Quarante. Tous deux bretons. Tous deux discrets. Tous deux clients réguliers du même sauna libertin, en périphérie de Rennes, depuis plus d'un an. Et tous deux, sans se parler. Voilà le décor. Court. Net. Comme une journée d'octobre en Bretagne. Ce récit raconte une rencontre lente, faite de silences plus que de mots, de cafés plus que d'apéros, et d'un premier baiser tardif, sur la plage de Saint-Malo. Pour celles et ceux qui veulent un cadre théorique, voir le guide du libertinage Nantes-Rennes Ouest, le guide du sauna libertin, et le guide des sites de rencontre libertine. Romy et Octave, eux, n'ont rien lu pendant longtemps. Ils ont juste pris l'habitude. Et, un soir, ils ont parlé.
Le sauna, le silence, la pluie sur les vitres
Le sauna se trouvait à dix kilomètres de Rennes, dans une zone calme, ancienne longère reconvertie. Discrétion absolue. Parking à l'arrière. Lumière douce. Quelques piliers de pierre. Un bar simple, où l'on servait du thé, du café, parfois un cidre brut. Romy y allait depuis seize mois. Octave depuis quatorze. Ils s'étaient croisés au moins quarante fois. Sans se parler. Romy était discrète. Octave aussi. Pas froids. Polis. Mais peu loquaces. Romy, libraire dans le centre de Rennes, vivait seule depuis trois ans. Elle aimait les phrases courtes, les après-midi au comptoir avec ses habituées, et ses week-ends à Saint-Malo. Elle pratiquait le libertinage comme on pratique la marche : en silence, par besoin. Octave exerçait dans une commune au sud de Rennes. Trois cents patients. Un cabinet à l'ancienne. Il vivait seul depuis cinq ans. Il fréquentait le sauna parce qu'il y trouvait, disait-il, "ce qu'on ne demande pas à un patient ni à une voisine". Il se tenait souvent au bar, lui aussi. Ils ne s'étaient jamais rencontrés au-delà d'un signe de tête. Cela suffisait. Bretons. Pluie sur les vitres. Verres de thé. Lumière jaune.
Le soir où ils se sont retrouvés seuls au bar
Un mercredi de novembre. Vers vingt-trois heures. Le sauna était presque vide. Quelques clients fidèles à l'étage, deux hommes au sauna sec, le reste rentré chez soi. Au bar, juste Romy et Octave. Chacun à un bout. Le tenancier, un type discret, finissait sa caisse en silence. Romy commanda un thé. Octave un café. Le tenancier sortit chercher quelque chose dans la cave. Romy regarda Octave. Elle dit, simplement : "Vous êtes là souvent." Il dit : "Vous aussi." Elle dit : "On ne s'est jamais parlé." Il dit : "Non." Long silence. Puis Octave reprit : "Je ne savais pas si vous le souhaitiez." Romy sourit, à peine : "Je ne savais pas non plus." Le tenancier remonta. Versa une eau plate à Octave. Repartit. Ils parlèrent, tranquillement. Métiers. Lectures. Saint-Malo. Le sauna ne fut presque pas évoqué. Comme si, justement, il fallait commencer ailleurs. Octave dit : "Voulez-vous prendre un café demain ?" Romy hésita. Acquiesça. Elle proposa : "Place Sainte-Anne. Onze heures." Ils ne montèrent pas à l'étage ce soir-là. Ils rentrèrent chacun chez soi. C'était nouveau, pour les deux. Ils avaient appris, depuis longtemps, à séparer le sauna du reste. Ils sentirent, sans se le dire, qu'ils venaient de mélanger. Ils relurent, séparément, dans les jours qui suivirent, quelques pages de la communication libertine.
Trois mois de cafés à Sainte-Anne
Le lendemain, onze heures. Place Sainte-Anne. Pluie fine. Ils se virent au café, en bas de la rue, sous une enseigne en tôle. Ils prirent un café. Une heure. Pas plus. Ils ne reparlèrent pas du sauna. Ils parlèrent des livres que Romy défendait au comptoir. Octave promit de venir lire la quatrième de couverture du dernier roman qu'elle aimait. Le mercredi suivant, il vint. À la librairie. À onze heures. Acheta le livre. Repartit. Le mercredi d'après, il revint. Ils prirent un café. Il commença à venir une fois par semaine. Toujours à la même heure. Toujours pour un café. Pendant trois mois, rien d'autre. Pas un baiser. Pas une visite l'un chez l'autre. Pas un échange au sauna : ils continuaient à s'y croiser, parce qu'ils n'avaient aucune raison d'arrêter, mais ils s'y saluaient comme avant, sans plus. Ils avaient compris, sans se le formuler, qu'il fallait construire ailleurs ce qui venait de naître. Romy s'en ouvrit, un soir, à une amie de longue date, libertine elle aussi, qui lui dit : "Tu as raison, fais doucement. Lis ce papier." Et elle lui envoya un lien vers le guide de la première rencontre libertine, qu'elle relut tranquillement, posément, en remplaçant mentalement chaque conseil par leur version bretonne, plus lente, plus retenue.
Le baiser sur la plage de Saint-Malo
Un samedi de mars. Marée basse. Ciel cassé d'argent. Romy et Octave avaient pris la voiture pour Saint-Malo, simplement parce qu'elle voulait y respirer et qu'il n'avait rien d'autre à faire. Ils marchèrent longtemps, du Sillon à la pointe, peu de mots, le bruit de la mer, le sel sur les lèvres. Au retour, ils s'arrêtèrent dans une crêperie près des remparts. Galette. Cidre brut. Petite conversation. Plus tard, sur la plage, en redescendant vers la voiture, Romy s'arrêta. Elle posa sa main sur la manche d'Octave. Ils se regardèrent un long moment. Sans phrase. Octave se pencha. Premier baiser. Court. Sec. Honnête. Ils ne dirent rien après. Ils marchèrent jusqu'à la voiture. En route vers Rennes, Romy parla, beaucoup, pour la première fois. Elle dit ce qu'elle voulait : pas d'emménagement, pas de cérémonie, pas de bruit. Octave dit : "C'est exactement ce que je peux donner." Ils décidèrent, à ce moment-là, de continuer le sauna mais d'y aller désormais ensemble, à un rythme qu'ils choisiraient à deux. Ils relurent à voix haute, sur le téléphone, des passages d'un texte sur la sécurité des rencontres libertines et l'aftercare libertin. Octave dit : "Ce sera notre cadre." Romy dit : "Oui."
Un couple breton, discret, qui dure
Deux ans plus tard. Romy travaille toujours à la librairie. Octave toujours au cabinet. Ils ne vivent pas ensemble. Ils n'en ont jamais ressenti le besoin. Ils se voient quatre soirs par semaine. Trois nuits chez l'un, deux chez l'autre. Le reste, chacun chez soi. Ils vont au sauna ensemble, environ une fois toutes les trois semaines. Ils n'y vont jamais sans s'être parlés avant. Ils n'en ressortent jamais sans se débriefer après. Ils ne se cachent pas, mais ils ne s'affichent pas. Leurs amis proches savent. Le reste, on ne demande pas. Ils orientent parfois des connaissances vers des lectures comme témoignages de couples libertins en France, le profil libertin parfait, ou le libertinage après quarante ans. Ils ne donnent jamais d'interview, ils ne racontent jamais leur histoire en détail. Mais quand un ami leur demande, en aparté, comment ils ont fait, Octave hausse les épaules : "On a attendu. C'est tout." Romy précise : "Trois mois de cafés. Et un baiser sur le sable." Ils savent, tous les deux, que tout le monde n'a pas envie de cette lenteur. Ils savent aussi que cette lenteur, pour eux, est ce qui a tenu. Ils retournent, deux ou trois fois par an, sur la plage de Saint-Malo. Ils s'arrêtent toujours au même endroit. Ils ne s'embrassent pas à chaque fois. Mais ils savent où ils ont commencé. Et ils savent, surtout, qu'ils ne sont jamais repartis de là.
💡 Astuces clés
- 1Accepter la lenteur, surtout en Bretagne.
- 2Lire le <a href="/fr/blog/libertinage-nantes-rennes-ouest-guide">guide Nantes-Rennes Ouest</a> avant de commencer.
- 3Garder, au moins au début, des cadres séparés (logements, métiers, amis).
- 4Pratiquer un <a href="/fr/blog/aftercare-libertinage">aftercare</a> systématique après chaque sortie commune.
Questions fréquentes
Peut-on rencontrer son partenaire dans un sauna libertin sans en faire un cliché ?
Le libertinage breton a-t-il une particularité ?
Faut-il vivre ensemble pour être un vrai couple libertin ?
Comment continuer le sauna sans abîmer le couple naissant ?
En résumé
Romy et Octave, c'est la Bretagne du libertinage : pluie, silence, café, et un baiser tardif sur le sable. Pour aller plus loin, lire le guide Nantes-Rennes Ouest, le guide du sauna libertin, le guide de la communication libertine, et venir trouver des profils discrets sur obuny.



