Bibliothécaire municipale dans une petite ville, samedi un usager m'a reconnue dans un sauna libertin, lundi il est revenu emprunter des livres avec sa femme
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C'est la première fois que je raconte ça quelque part. Bibliothécaire municipale depuis dix-sept ans dans une petite ville de 12 000 habitants en Bretagne, 41 ans, mariée à un instituteur dans la même ville, on a deux enfants. Mon métier c'est l'image lisse par excellence, je connais tous les habitants ou presque, je les vois passer avec leurs enfants pour les contes du mercredi, leurs adolescents pour le BCDI, leurs parents âgés pour les gros caractères.
Avec mon mari on est libertins depuis six ans mais on a une règle stricte, jamais rien dans notre département. Soirées toujours à Rennes minimum, plus souvent à Nantes, parfois à Paris pour les weekends. On se déguise un peu, prénom modifié, on est très prudents.
Samedi dernier on était au sauna libertin Le Phenix à Nantes, à deux heures et demie de chez nous. À un moment je suis dans l'espace détente, et je vois entrer un homme que je reconnais en une seconde. M. R. usager régulier de la bibliothèque, 45 ans, prof de sport au collège du coin. Il m'a vue aussi, on s'est figés, et il est reparti vers l'espace bar sans rien dire. Sa femme était avec lui mais je l'ai pas croisée. On a quitté l'endroit dans la foulée, j'ai dormi mal.
Lundi matin, 10h15, il rentre dans ma bibliothèque avec sa femme. Ils m'ont saluée poliment, ils ont emprunté des livres, ils sont repartis. Lui m'a fait un petit signe de tête en sortant. Pas un mot sur Nantes. Vous savez ce qui m'a frappée, c'est que sa femme avait l'air totalement sereine. Donc soit elle sait rien et il joue très bien, soit elle sait et elle a aussi décidé qu'on en parle pas.
Comment vous gérez ça sur la durée, dans une petite ville où on se croise tous. Parce que là j'ai trois jours pour digérer, mais dans six mois je vais le voir une fois par semaine, et sa femme aussi.
Answers
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★ Pharmacienne d'officine dans une commune de 8 000 habitants en Auvergne, mariée à un médecin de la même commune, libertine avec lui depuis neuf ans avec exactement la même règle que vous, jamais dans le département. On a vécu quatre fois une situation très comparable à la vôtre en neuf ans, et je vais essayer de vous transmettre ce qu'on a appris à la dure. D'abord, le fait que sa femme ait eu l'air sereine lundi matin est probablement révélateur. Statistiquement, quand un couple libertin croise un autre libertin connu dans la vie civile, le couple le plus mature gère la chose entre eux avant la rencontre civile suivante. Ils ont presque certainement parlé dimanche, ils ont décidé d'une attitude, ils sont venus lundi avec un plan. La sérénité de sa femme c'est de la préparation, pas de l'ignorance. C'est plutôt rassurant pour vous, ça veut dire qu'ils ont compris l'enjeu et qu'ils vont rien lâcher. Deuxièmement, la règle absolue dans cette configuration c'est le silence total et permanent. Vous croiserez M. R. trente ou cinquante fois dans les prochaines années, jamais une allusion, jamais un sourire complice, jamais un regard appuyé. C'est dur les premières fois, ça devient vite naturel. Si vous tenez la ligne sur six mois, votre cerveau range définitivement la rencontre dans une autre boîte. Troisièmement, sur le risque que sa femme parle un jour à quelqu'un, c'est très faible. Les libertins de couples stables ont autant à perdre que vous, voire plus pour un prof de sport en collège dont la réputation est aussi sensible. Le silence est mutuellement assuré, c'est une forme de pacte tacite. Quatrièmement, et c'est important pour la suite, c'est probablement le bon moment pour réévaluer votre périmètre géographique. Nantes c'est encore proche, c'est deux heures et demie mais c'est une grande ville où des Bretons vont. Élargissez à Paris pour les soirées importantes et à Bordeaux ou Lyon pour les weekends. Le coût supplémentaire est mineur, la sérénité est immense. Vous avez bâti une vie cohérente en six ans, vous allez l'ajuster encore un peu, vous serez très bien. La rencontre de samedi est désagréable mais elle est gérable.
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Trois jours pour digérer c'est rien. Donnez-vous trois mois. Le temps fait son boulot, vraiment. Vous y penserez de moins en moins. Promis.
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